Précisions

 
 
 
La traduction de l’Éthique de Spinoza, offerte à Ernesto par son cousin Ki, a d’abord été publiée aux éditions de l’éclat – http://www.lyber-eclat.net. Elle est aujourd’hui disponible en Livre de Poche. Elle est de Robert Misrahi.
 
 
 
Les trois mots alors, quelle arme ? composant pour partie le titre de l’un des albums de bande dessinée relatifs à l’embarquement d’Ernesto à Charles de Gaulle Airport, sont les trois derniers mots que Le client adresse au Dealer Dans la solitude des champs de coton, de Bernard-Marie Koltès.
 
 
 
On est cons, mais quand même pas au point de voyager pour le plaisir est une phrase de Beckett que cite Gilles Deleuze dans l’Abécédaire qu’il a réalisé avec Claire Parnet et Pierre-André Boutang. Qu’est-ce qu’on fait quand on voyage ? On vérifie toujours quelque chose. Il dit ça, aussi, Deleuze, évoquant alors un texte de Proust, où le vrai rêveur est celui qui va vérifier que ce qu’il a vu dans son rêve est bien .
 
 
 
[…] il est pris du désir de partir pour ce pays, il descend de chez lui, se fait rouvrir la porte, prend une voiture. Et tout en allant en cahotant vers Loisy, il se rappelle et raconte. Il arrive après cette nuit d’insomnie et ce qu’il voit alors, pour ainsi dire détaché de la réalité par cette nuit d’insomnie, par ce retour dans un pays qui est plutôt pour lui un passé qui existe au moins autant dans son cœur que sur la carte, est entremêlé si étroitement aux souvenirs qu’il continue à évoquer, qu’on est obligé à tout moment de tourner les pages qui précèdent pour voir où on se trouve, si c’est présent ou rappel du passé. Ceci est un extrait de Contre Sainte-Beuve de Marcel Proust.
 
 
 
Par ailleurs. Tkt, en langage sms, signifie t’inquiète.
 
 
 
Et. Dans le jardin, avec Anne, et Julie, on parle de la notion de perfection, chez Spinoza. Et c’est Julie qui la première décortique le mot : per-fection. Par. Le faire.
 
 
 
Et. Ici. Angela n’est plus Angela est toujours Angela. Ici. Angela et Anne Kawala sont sur un bateau et elles voient toutes les deux un énorme poisson qui surgit de la mer.
 
 
 
 
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Et. Mais. Ici. Angela n’est plus tout à fait Angela. Et. Je ne suis plus tout à fait Ernesto. Nous le sommes de moins en moins, au fur et à mesure que vous vous rapprochez de la fin de ce livre. Cela dit, comme je le suis encore un peu, Ernesto, un tout petit peu, encore, pendant quelques minutes – pendant les quelques minutes de votre lecture, jusqu’à la fin de ce livre – j’aimerais vous dire comment je suis devenu. Ernesto. Comment j’ai compris, un jour – c’est maintenant presque du passé – que je m’appelais Ernesto. Ça s’est fait très simplement, comme ça. J’ai compris que je m’appelais Ernesto le jour où j’ai eu la sensation, pendant toute une journée, d’avoir précisément entre dix et quarante-trois ans. Dans cette sensation d’écart entre deux âges, je me suis souvenu de ces mots : À ce moment- là Ernesto devait avoir entre douze et vingt ans. De même qu’il ne savait pas lire, de même Ernesto ne savait pas son âge. Il savait seulement son nom. C’est au tout début de La Pluie d’été de Marguerite Duras.
 
 
 
Par ailleurs. The Anatomy of Rage est une installation de Lu Yang. Avec de la vidéo 3D, des dessins et des schémas, sur des feuilles de papyrus. On peut voir une vidéo de ce travail, par ici : https://vimeo.com/29762925. Le site internet de Lu Yang est par là : http://luyang.asia.
 
 
 
Par ailleurs. Tina est venue déjeuner, il y a quinze jours. Elle est sortie de l’hôpital au mois d’août. On était tout contents de se retrouver, tous les trois, ici. Et pas dans le pavillon Picasso de l’hôpital machin.
 
 
 
Et. L’intelligence est attention et recherche avant d’être combinaison d’idées est une phrase inspirée du travail de Joseph Jacotot, extraite du livre Le maître ignorant, de Jacques Rancière. Et.
 
 
 
Je recommencerai toujours le monde avec l’idée d’un ennemi derrière moi est une phrase extraite du Discours aux animaux, de Valère Novarina. Et.
 
 
 
Qu’est-ce que c’est, dégueulasse ? est la dernière phrase prononcée par Jean Seberg dans le film À bout de souffle de Jean-Luc Godard.
 
 
 
Et. Les propos tenus par Ernesto et son Maître Wang Taocheng sont très librement inspirés du long rouleau dessiné et peint par Wang Taocheng – A Person Who Has Never Seen the Ocean – et de la vidéo de Ma Qiusha – From No.4 Pingyuanli to No.4 Tianqiaobeili. On peut voir le travail de Wang Taocheng ici : http://www.ovgallery.com/artist/wang-taocheng/#art, et celui de Ma Qiusha, là : http://www.maqiusha.com/en.
 
 
 
Et. En Chine. Le 35 mai fut une expression utilisée pour contourner la censure, sur internet, afin de pouvoir évoquer le 4 juin 1989 – premier jour de la répression sur la place Tian’anmen après plusieurs semaines d’occupation.
 
 
 
Et. En ce qui concerne le rendez-vous d’Angela avec Ernesto. Le 35 novembre, 2011. Il fut un 29 juin. Il fut en 2012.
 
 
 
As-tu quelque chose de prévu en arrivant ? Si rien, et si tu as envie, on peut se retrouver vers 17h00 à Parmentier. Le temps de prendre un verre, avant que je n’aille au 104. Qu’en dis-tu ?
 
 
 
Je dis oui. Mon train arrive à Montparnasse à 16h37. On se retrouve du côté du square Gardette ?
 
 
 
Et. Le 10 mai 1981, j’ai fermé mes volets est la toute première phrase d’un livre de Daniel Rondeau dont je ne souhaite pas donner le titre.
 
 
 
Et. Pour en finir avec le jugement de dieu est le titre d’une émission de radio – et d’un texte – d’Antonin Artaud.
 
 
 
Et. Hors les textes de la série Si l’état du monde est visible un peu sur mon visage alors je peux dire un peu je suis de ce monde – dont on trouvera les références précises ici : https://spinozainchina.wordpress.com/2015/10/16/visages-d-ernesto – et sauf indications contraires, les textes relatifs aux faits d’actualité, que vous avez pu lire dans les pages ci-avant, sont composés d’extraits d’articles de l’Humanité, et parfois de Mediapart.
 
 
 
Et. Urgence ZAD. Appel à mobilisation. Suite à l’ouverture d’une maison au lieu-dit la Noë Verte pour l’installation d’un collectif en maraîchage et conserverie. Les forces de l’ordre affirment clairement leur volonté d’expulser. Ne les laissons pas faire. On a besoin de monde sur place. À diffuser largement.
 
 
 
Et. Les noms des cercles A prenant dans leur maillage le vaste du cœur de la ville réelle sont à disposition dans le document suivant : Vocabulaire de l’économie et des finances, enrichissement de la langue française, consultable ici : http://academie-francaise.fr/sites/academie-francaise.fr/files/economie_finances_2012.pdf.
 
 
 
Et le texte coécrit par Antoine Dufeu et Fabien Vallos, dont un extrait est lu par Ernesto lors d’un des rendez-vous du 29, a pour titre Dialogue. Il est en ligne ici : http://cequisecret.net/dialogue.
 
 
 
Et le texte que Frédéric Neyrat consacre à Franco Berardi, dont un extrait est lu par Ernesto lors d’un des rendez-vous du 29, a été publié dans le numéro 4 de la revue exemple http://www.editions-nous.com/exemple.
 
 
 
Et. Ici. Évoquant les rendez-vous des 29. Dire ceci. Cette après-midi. Constatant qu’une voiture est arrêtée devant la maison – une porte est ouverte, côté passager, la place est vide – j’ouvre la fenêtre. Une femme, à proximité de la voiture, me demande : il n’y a pas de nom sur votre boîte aux lettres ? Je lui dis que non. Elle dit : c’est pour la réunion. D’abord, je ne comprends pas. Puis elle dit qu’il n’y avait personne sur la place le 29 août. Alors je la reconnais. C’est Malika, qui nous avait invités, en juillet, pour le repas au pied des immeubles. Je lui dis qu’en effet nous n’étions là ni le 29 août ni le 29 septembre. Je lui dis que le rendez-vous aura bien lieu fin octobre. Elle dit qu’elle viendra. C’est dans même pas quinze jours.
 
 
 
Et que soit ici remerciées, et remercié, et saluées et salué : Éléonore Léger, Hélène Michoux, et Jany Pineau, pour les relectures qu’elles firent du livre Spinoza in China novembre 2011 | 2015, et Frédéric Laé, pour la couverture qu’il réalisa.
 
 
 
Et. Les deux phrases de Félix Guattari revenant à la mémoire d’Ernesto, alors qu’il marche au bord du lac Qianhai, sont extraites du livre Les Années d’hiver, publié par Les Prairies ordinaires – http://www.lesprairiesordinaires.com.
 
 
 
Et. On peut entendre la chanson laotienne qu’Ernesto fredonne, à Beijing, à chaque approche d’un nouveau carrefour, sur l’album India Song et autres musiques de films, de Carlos d’Alessio.
 
 
 
Et les dates choisies par l’empereur Qianlong pour ces journées d’enseignement un peu spéciales – les 25 février, et les 11 septembre – ont été choisies en raison des liens qu’elles entretiennent avec la mort de Pierre Overney, militant maoïste tué par un vigile travaillant à l’usine de Renault à Boulogne-Billancourt, le 25 février 1972, et, avec le coup d’État du 11 septembre 1973, au Chili.
 
 
 
Et. On peut voir la vidéo de Pascal Lièvre, Abba Mao, ici : http://lievre.fr/abba-mao/.
 
 
 
Et. En ce qui concerne la littérature considérée comme une activité parallèle pas totalement liée à l’artistique, on peut consulter cette page : http://www.ouest-france.fr/culture-des-licenciements-en-cours-au-lieu-unique-nantes-3298803.
 
 
 
Et. On peut lire la revue Tiqqun en partie par ici : http://bloom0101.org.
 
 
 
Et. Avec la lettre adressée aux députés européens – objet : prolongation illimitée de détention au-delà de la période maximale des 18 mois en Grèce. Lettre écrite par Trésor Bomenga. On peut lire trois textes de Marie Cosnay, ici : http://www.vacarme.org/rubrique471.html.
 
 
 
Je pense à Trésor. L’appeler. Sans plus tarder. Prendre de ses nouvelles. Lui en donner.
 
 
 
Je pense à Mustapha. Rencontré il y a trois jours. Il vient du Soudan. Il parle un parfait anglais. Il vit, survit, à Nantes, dans un squatt investi par des migrants. Il dit : je n’en peux plus des pansements, je n’en veux plus, je veux guérir, je ne veux pas de pansements, je veux un endroit où dormir, seul, où pouvoir dormir, tout seul, et ne plus avoir froid, je n’en peux plus, je respecte beaucoup ce que vous faites, mais je n’en peux plus ; tu peux venir, quand tu veux, tous les jours, je suis là, tu peux venir, pour parler, mais tu abandonneras, tu verras, moi, je suis ici tous les jours, il commence à faire froid, ce ne sont pas des conditions de vie, chez moi, au Soudan, jamais je n’ai vécu ça.
 
 
 
Et. La partie de foot, sur la place Tian’anmen, avec une boule de feu en guise de ballon, est très librement inspirée du film Phantoms of Nabua, d’Apichatpong Weerasethakul.
 
 
 
Et. Parfois, un sentiment infiniment fraternel m’envahit : dans cet univers de savants et de discoureurs, quelqu’un, comme moi peut-être, pense quant à lui ne rien savoir, et veut vivre. Ces mots. Sont inspirés de l’extrait suivant des Vies minuscules de Pierre Michon : un sentiment infiniment fraternel m’envahit : dans cet univers de savants et de discoureurs, quelqu’un, comme moi peut-être, pensait quant à lui ne rien savoir, et voulait en mourir.
 
 
 
Et. La conférence qui devait avoir lieu en mars 2015 à la médiathèque de Chantelle n’a finalement pas eu lieu – ce n’est que partie remise, je l’espère. Par contre, les interventions dites en costume et cravate vert fluo ont pour la plupart pris la forme d’ateliers d’écriture, en lycée généraliste, à Nantes, en lycée professionnel, à Limoges, en maison d’arrêt, à Laval, au Mans, à La Roche-sur-Yon, à Fontenay-le-Comte, à Nantes. On peut lire les textes écrits par les participantes et participants, ici : https://tenirjournalici.wordpress.com.
 
 
 
Par ailleurs. Les paroles de Perfect Day – la chanson de Lou Reed – on essaye de les traduire, avec Anne, là, ce matin, sur la petite table en bois, dans la cuisine, ici, au 29 rue Alexandre Gosselin, à Nantes, tandis que de la confiture de tomates vertes cuit dans la cocotte-minute de droite, et qu’un curry aux joues de porc avec légumes de notre love shabada jardin mijote dans la cocotte-minute de gauche.
 
 
 
Juste. Simplement. Un jour parfait. Une parfaite journée. À boire de la. Une sangria dans le au parc. Juste une parfaite journée. Au parc. On boit de la sangria. Et puis plus tard. Quand vient le noir la nuit tombe. Nous allons à la maison. On va à la. On rentre. Juste un jour parfait. Une parfaite journée. Au zoo, on nourrit les animaux. Et puis plus tard, aussi, après. Un film. Après, on rentre. Oh. C’est une journée tellement si parfaite. Suis heureuse contente. De l’avoir passée avec toi. Oh. C’est si parfait cette journée. Passée avec toi, je suis content heureux. Oh. Ce jour si parfait. Tu me permets juste de tenir bon. Juste. Un jour parfait. Une parfaite journée. Tous les problèmes s’en sont allés. Nous laissant, nous, les weekenders, à nous-mêmes. C’est un tel amusement, une telle joie, plaisir. C’est tellement bon. Juste, un jour parfait. Tu m’as fait oublier qui j’étais. Je me suis senti alors senti être quelqu’un d’autre. Quelqu’un de bon. Oh. Ce jour si parfait. Tu me permets juste de tenir bon. Juste. Un jour parfait. Une parfaite journée. On va récolter ce qu’on a semé. Oui. On va récolter ce qu’on a semé.
 
 
 
Et. Toutes les adresses web, ici, sur ce papier [est-il écrit dans le livre], ci-dessus, ce n’est pas super pratique pour activer les liens, j’en conviens. En conséquence de quoi, voici une dernière adresse où vous pourrez retrouver toutes les adresses ici citées : https://spinozainchina.wordpress.com/2015/10/16/liens.
 
 
 
Par ailleurs. J’aimerais terminer en signalant que des fragments et des formes diverses de Spinoza in China ont été publiés dans les revues Aka, Chimères, Général Instin, Hors-sol, La tête et les cornes, La vie manifeste, Libr-critique, Multitudes, Nioques, Ouste, Pli, et Remue.net. Que celles et ceux qui font vivre ces lieux soient ici remerciées, remerciés, saluées et salués.
 
 
 
Des fragments et des formes diverses de Spinoza in China ont également été lus en public, parfois seul, parfois en compagnie de Benoit Cancoin, ou de Vincent Tholomé. À l’Akademie Schloss Solitude – où Anne était alors en résidence –, au FiEstival Maelström, à Khiasma, à la Librairie Vent d’Ouest, avec la Maison de la poésie transjurassienne, au Moulin, à POL’n, ou encore à La très petite librairie. Ainsi que chez Camille Hervouet, Carla Pallone, Emma Chambon, Grégory Valton, Josette Darçon, Laurence Chevalier, Martine Perrault, Olivier Orus, Pierre-Louis Carsin, Raymond Perrin, Richard Savic, Vincent Pouplard. Que celles et ceux qui ont rendu possibles ces moments soient ici également remerciées, remerciés et saluées et salués.
 
 
 
Et. Que soit enfin ici saluée Honorine, née dans la nuit de vendredi à samedi, tandis que ce livre se termine. Et saluées et salués : amies et amis et parentes et parents, présentes, présents, et à venir.
 
 
 
Avec Anne. Présentement dans la pièce juste à côté de celle où j’écris encore ces quelques mots.
 
 
 
Et.
 
 
 
Ici.
 
 
 
Une adresse e-mail, active : mp.marcperrin[arobase]gmail[point]com.
 
 
 
À bientôt.
 
 
 
 
 
 
 
couverture_Spinoza in China_pour impression
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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