Spinoza in China 25 novembre 2011 | 5 & 6 juillet 2015

 
 
 
Et.
 
 
 
— Sur la place Tian’anmen ?
 
 
 
— Sur la place Tian’anmen.
 
 
 
Au lever du soleil. Tandis que les soldats sortent de la Cité interdite et traversent le boulevard deux fois sept voies pour la cérémonie du lever de drapeau. Ernesto trafique un petit tour de hacking avec son téléphone portable.
 
 
 
Et. Sur les deux écrans vidéo géants qui barrent la place sur toute sa largeur, les slogans patriotiques matinaux se brouillent et sont remplacés par Mamalouloutte ! Mamaloulutte ! Mamaluloutte ! Mamalulutte ! Mamaolouloutte ! Mamaoloulutte ! Mamaoluloutte ! Mamaolulutte ! Maomalouloutte ! Maomaloulutte ! Maomaluloutte ! Maomalulutte ! Maomaolouloutte ! Maomaoloulutte ! Maomaoluloutte ! Maomaolulutte !
 
 
 
Tandis qu’en bas de chaque écran défile Mamalouloutte n’est pas Mama. Attention. Mamaloulutte n’est pas Mao. Attention. Mamaluloutte n’est ni Mama, ni Mao. Mamalulutte n’est ni dame ni monsieur avec matrice originaire de qui après neuf ou dix mois ou soixante-deux ans de gestation ou procédure pour adoption ou révision. Mamaolouloutte c’est différent. Mamaoloulutte est une espèce d’entité mentale super charnelle. Mamaoluloutte est une espèce d’entité charnelle super mentale. Mamaolulutte est douce et puissante. Maomalouloutte est fuyante et présente. Maomaloulutte est sans âge. Maomaluloutte a tout âge. Maomalulutte est vieille de quatorze et deux cent deux mille et quinze années. Maomaolouloutte est une gamine, et, un gamin, âgés tous les deux de seize ans le jour de leurs fiançailles mentales et charnelles. Maomaoloulutte est délicieuse d’insouciance. Maomaoluloutte est rayonnante de raison. Maomaolulutte irradie. Et. Mamalouloutte irradie aussi. Et. Mamaloulutte irradie aussi. Et. Mamaluloutte irradie aussi. Et. Mamalulutte irradie aussi. Elles irradient, toutes. Au point qu’il est nécessaire de se mettre à distance afin de ne pas se cramer tous les vaisseaux. Elles irradient, toutes. Au point qu’il est impensable de ne pas se mettre en relation avec elles.
 
 
 

 
 
 
Et. Le chant des oiseaux dans les cages accrochées aux arbres. Les hommes dans leurs longs manteaux doublés d’épaisses fourrures. Le Nai Fen Dessert Café. La banquette, au fond à droite.
 
 
 

 
 
 
Et. À 9h00 pétantes. Ernesto et Mamaolouloutte ouvrent l’Éthique de Spinoza.
 
 
 
Et. À 9h01. Ernesto et Mamaoloulutte sont d’accord : tout objet peut être par accident cause d’espoir, ou, de crainte.
 
 
 
Et. À 9h02. Ernesto et Mamaoluloutte sont d’accord : ils croient aisément ce qu’ils espèrent, et difficilement ce qu’ils craignent.
 
 
 
Et. À 9h03. Ernesto et Mamaolulutte sont d’accord : ils surestiment ce qu’ils espèrent, et sous-estiment ce qu’ils craignent.
 
 
 
Et. À 9h04. Ernesto et Maomalouloutte se regardent intensément. Intensément. Intensément. Intensément. Intensément.
 
 
 
Et. À 9h05. Ernesto et Maomaloulutte énumèrent les fluctuations de l’âme qui naissent de l’espoir et de la crainte.
 
 
 
Et. À 9h06. Ernesto et Maomaluloutte sont d’accord : pas d’espoir sans crainte, ni de crainte sans espoir.
 
 
 
Et. À 9h07. Ernesto et Maomalulutte sont d’accord : ils aiment toute chose qui produit en eux de l’espoir.
 
 
 
Et. À 9h08. Ernesto et Maomaolouloutte sont d’accord : ils haïssent toute chose qui produit en eux de la crainte.
 
 
 
Et. À 9h09. Ernesto et Maomaoloulutte, en tant que personnes humaines différentes, sont affectés de manières différentes par un même objet.
 
 
 
Et. À 9h10. Ernesto et Maomaoluloutte sont individuellement affectés par le même objet, mais de manières différentes qu’ils ne l’étaient il y a une minute.
 
 
 
Et. À 9h11. Ernesto et Maomaolulutte respirent intensément. Intensément. Intensément. Intensément. Intensément.
 
 
 
Et. À 9h12. Ernesto et Mamalouloutte comprennent que Mamalouloutte éprouve de la haine pour ce qu’Ernesto aime.
 
 
 
Et. À 9h13. Ernesto et Mamaloulutte comprennent qu’Ernesto craint telle chose que Mamaloulutte ne craint pas.
 
 
 
Et. À 9h14. Ernesto et Mamaluloutte comprennent que Mamaluloutte aime aujourd’hui ce qu’Ernesto haïssait hier.
 
 
 
Et. À 9h15. Ernesto et Mamalulutte comprennent qu’Ernesto éprouve de la haine aujourd’hui pour ce que Mamalulutte aimait hier.
 
 
 
Et. À 9h16. Ernesto et Mamaolouloutte sont d’accord : ils jugent selon leurs affects de ce qui est bon, de ce qui est mauvais, de ce qui est pire, de ce qui est meilleur.
 
 
 
Et. À 9h17. Ernesto et Mamaoloulutte sont d’accord : ils varient dans leurs comportements et dans leurs raisonnements, autant selon le jugement que selon l’affectivité.
 
 
 
Et. À 9h18. La jeune serveuse qui travaille aujourd’hui au Nai Fen Dessert Café amène à Ernesto et Mamaoluloutte deux parts de gâteau et deux cafés.
 
 
 
Et. À 9h19. Ernesto et Mamaolulutte saisissent chacun la petite cuillère placée dans l’assiette, à gauche de la part du gâteau.
 
 
 
Et. À 9h42. Ernesto dit à Maomalouloutte : toi, tu es intrépide. Tu méprises le danger dont j’ai habituellement peur.
 
 
 
Et. À 9h43. Maomalouloutte dit à Ernesto : toi, tu es audacieux. Tu fais du mal aux personnes humaines pour lesquelles tu éprouves de la haine, et, tu fais du bien aux personnes humaines pour lesquelles tu éprouves de l’amour. Et cela sans réprimer ce désir par la crainte d’un mal par lequel je suis parfois retenue.
 
 
 
Et. À 9h44. Ernesto dit à Maomaloulutte : tu es timorée. Tu crains ce mal qu’habituellement je méprise.
 
 
 
Et. À 9h45. Maomaloulutte dit à Ernesto : tu es pusillanime. Ton désir est réprimé par la crainte d’un mal qui ne peut m’arrêter.
 
 
 
Et. À 9h46. Ernesto et Maomaluloutte regardent par delà la porte vitrée les mouvements des choses, des corps, des objets divers, en mouvement, sur le boulevard et sur les trottoirs, dehors.
 
 
 
Et. À 9h47. Ernesto et Maomalulutte sont d’accord : le repentir est une tristesse, accompagnée de l’idée de soi-même comme cause.
 
 
 
Et. À 9h48. Ernesto et Maomaolouloutte sont d’accord : la satisfaction de soi est une joie, accompagnée de l’idée de soi-même comme cause.
 
 
 
Et. À 9h49. Ernesto et Maomaoloulutte sont d’accord : en raison du fait que les personnes humaines se croient libres, le repentir, et la satisfaction de soi, sont des affects extrêmement violents.
 
 
 
Et. À 9h50. Ernesto et Maomaoluloutte sont d’accord : ils considèrent durant un temps bien plus long un objet singulier – c’est-à-dire un objet dont ils ne reconnaissent rien en lui qui soit présent dans un autre objet – qu’un objet avec en lui des choses, des parties, des corps, des machins, des machines, qu’il a en commun avec d’autres objets, ou, qu’un objet perçu en même temps que d’autres objets.
 
 
 
Et. À 9h51. Ernesto et Maomaolulutte décident de se prendre en photo.
 
 
 
Et. À 9h52. Ernesto prend Mamalouloutte en photo tandis qu’elle mime l’admiration.
 
 
 
Et. À 9h53. Mamaloulutte prend Ernesto en photo tandis qu’il mime l’épouvante.
 
 
 
Et. À 9h54. Ernesto prend Mamaluloutte en photo tandis qu’elle mime la vénération.
 
 
 
Et. À 9h55. Mamalulutte prend Ernesto en photo tandis qu’il mime l’horreur.
 
 
 
Et. À 9h56. Ernesto prend Mamaolouloutte en photo tandis qu’elle mime la ferveur.
 
 
 
Et. À 9h57. Mamaoloulutte prend Ernesto en photo tandis qu’il mime la haine.
 
 
 
Et. À 9h58. Ernesto prend Mamaoluloutte en photo tandis qu’elle mime l’espoir.
 
 
 
Et. À 9h59. Mamaolulutte prend Ernesto en photo tandis qu’il mime la sécurité.
 
 
 
Et. À 10h00. Ernesto prend Maomalouloutte en photo tandis qu’elle mime le mépris. Et. À 10h00. À l’instant du déclic. Grâce à la posture particulièrement expressive et précise de Maomalouloutte. Ernesto croit comprendre alors ce qu’est le mépris. Le mépris, se dit Ernesto, est un effet de la déception. Une déception produite en conséquence de la compréhension suivante : une puissance, ayant produit telle admiration, tel amour ou telle crainte, en fait, n’existe pas. Le mépris, alors, est bel et bien à entendre au sens de la méprise. Quelque chose – en quoi l’on a cru – n’existe pas.
 
 
 
Et. À 10h01. Maomaloulutte prend Ernesto en photo tandis qu’il mime la dérision.
 
 
 
Et. À 10h02. Ernesto prend Maomaluloutte en photo tandis qu’elle mime le dédain.
 
 
 
Et. À 10h03. Maomalulutte prend Ernesto en photo tandis qu’il mime la vénération.
 
 
 
Et. À 10h04. Ernesto prend Maomaolouloutte en photo tandis qu’elle mime l’amour.
 
 
 
Et. À 10h05. Maomaoloulutte prend Ernesto en photo tandis qu’il mime l’espoir.
 
 
 
Et. À 10h06. Ernesto prend Maomaoluloutte en photo tandis qu’elle mime la gloire.
 
 
 
Et. À 10h07. Maomaolulutte prend Ernesto en photo tandis qu’il mime lui aussi l’amour.
 
 
 

 
 
 
Chère Mamalouloutte. Sans doute c’est davantage à toi qu’à Folle Chienne que j’ai besoin de dire ce que je suis venu faire ici. En Chine. Chère Mamaloulutte. Je vais te dire : je suis venu ici en Chine pour poursuivre les réglages nécessaires quant à la production d’une distance adéquate entre toi et moi. Chère Mamaluloutte. Je suis venu ici en Chine, aussi, pour continuer les réglages de production et de distances adéquates et nécessaires entre un maximum de trucs. C’est certain. Chère Mamalulutte. Je suis venu ici, en Chine, pour produire la distance adéquate et nécessaire qui me permet à l’instant de trouver les mots pour t’écrire cette lettre d’amour. Car ceci est une lettre d’amour. Chère Mamaolouloutte. Je suis venu ici, en Chine, pour continuer de comprendre comment cette circulation d’amour est parfois possible et parfois non. Chère Mamaoloulutte. Je suis venu ici en Chine pour continuer de comprendre comment les causes et conséquences se conjuguent, dans ce qui circule par possibilités d’amour, parfois, et parfois non. Chère Mamaoluloutte. Je suis venu ici en Chine pour continuer de comprendre comment, dans ces causes et conséquences conjuguées, il m’est possible de vivre. Chère Mamaolulutte. Je vais te dire quelque chose. Après, je ne te dirai plus rien. C’est comme ça que j’ai envie de venir vers toi. En même temps un peu comme pour une première et une dernière fois. Chère Maomalouloutte. Ceci est une première et dernière lettre d’amour. Non pas pour toi. Mais avec toi ? Avec toi comme témoin ? Je ne sais pas. La seule chose que je crois savoir, aujourd’hui, c’est ça : en guise d’amour, jusqu’à ce jour, je n’ai fait que cramer les vaisseaux. Et cela, en faisant bien attention à ne pas les cramer tous. Et. Pour ne pas les cramer tous, à part la séparation, je n’ai rien trouvé d’autre à vivre. Voilà comme j’ai aimé. Chère Maomaloulutte. Je ne sais plus m’en débrouiller. Chère Maomaluloutte. Partout j’ai cherché et trouvé la séparation nécessaire. Chère Maomalulutte. Partout j’ai trouvé les partenaires pour la séparation nécessaire. Les partenaires, pour cramer à chaque fois les vaisseaux. Mais pas tous. Chère Maomaolouloutte. Jusqu’à ce jour j’ai pensé que les vaisseaux devaient cramer. Chère Maomaoloulutte. Jusqu’à ce jour j’ai pensé que les vaisseaux en cramant libéraient un feu, un truc comme un feu, un truc bien chaud, bien chaud et qui pulse. Chère Maomaoluloutte. Je t’écris, je crois, pour te dire que je sais de moins en moins qui tu es, et que ça me va très bien comme ça. Chère Maomaolulutte. J’ai la sensation qu’en t’écrivant tu existes non pas de moins en moins, mais de manière de plus en plus diffuse, et que c’est par là que je vais pouvoir cesser de vouloir cramer les vaisseaux. Chère Mamalouloutte. Je ne sais pas ce que sont ces vaisseaux, ni le feu que j’ai pensé qu’ils pouvaient donner. Je sens juste aujourd’hui que ce n’est pas en les cramant que je vais connaître la chaleur nécessaire. Chère Mamaloulutte. Je sens juste que je ne veux plus ni de ces vaisseaux ni de ce feu. Chère Mamaluloutte. Je sens juste que je vais vivre bientôt quelque chose dont je ne vais pas te parler. Voici tout mon amour. Chère Mamalulutte. Je suis venu, ici, en Chine pour réaliser cette distance, diffuse, et nécessaire, non pas entre toi et moi – et cela je ne le comprends qu’à l’instant – mais entre toi et d’autres vaisseaux qui pourraient faire autre chose que cramer. Cette distance. Est une distance d’amour. Nécessaire. Qui n’a rien à voir avec la séparation. La voici.
 
 
 

 
 
 
et, le 5 juillet 2015, tandis que la nuit tombe dans le jardin, Manu me parle de ses années de militant, au PCF, pendant près de vingt ans, jusqu’au référendum de 2005, ensuite, j’arrête dit-il, je suis écœuré, il me parle de son père espagnol, il parle des républicains, espagnols, tandis que les premières estimations du résultat du référendum en Grèce donne 60% pour oxi, non,
 
 
 
je me demande s’il y eut jamais dans l’histoire humaine des périodes durant lesquelles l’attention accordée aux personnes fut plus importante, plus portante, que l’attention accordée aux chiffres, aux nombres et aux comptages, quelles périodes ?
 
 
 
et dans la nuit qui tombe dans le jardin, je ne crois pas que nous soyons heureux de ces 60% d’oxi, non, je ne pense pas qu’il soit possible de l’être, avec ce résultat chiffré, avec cet oxi – non – au règne des chiffres et des nombres et des comptages s’inscrivant dans le règne des chiffres et des nombres et des comptages,
 
 
 
et, Angela, dont le g du prénom est à prononcer comme lorsque l’on prononce Virginia Woolf, ou Angela Davis, Angela est allongée dans le grand lit, sous les combles, elle achève sa lecture de La position du tireur couché, de Jean-Patrick Manchette,
 
 
 
et monsieur Macron Emmanuel dit que le Front national n’est que le visage d’un populisme et qu’il est, toutes choses égales, par ailleurs, une forme de Syriza à la française,
 
 
 
et monsieur Macron Emmanuel dit que la démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude, car elle ne se suffit pas à elle-même, il y a dans le processus démocratique, et dans son fonctionnement, un absent,
 
 
 
et monsieur Macron Emmanuel dit que dans la politique française cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort,
 
 
 
voilà ce que peut dire une personne humaine qui rend possible et produit le règne des chiffres et des nombres et des comptages, me dis-je, quand elle prétend parler de quoi ? de démocratie ?
 
 
 
quant à l’injonction régnante des chiffres et des nombres et des comptages, elle n’a rien d’inédit, me dis-je, elle dit seulement que les chiffres et les nombres et les comptages croissent et se multiplient – non ?
 
 
 
et, le 6 juillet 2015, en début d’après-midi, Corentin est dans le salon de la maison, 29 rue Alexandre Gosselin, à Nantes, et il chante trois fois Le chant des partisans, je lui ai demandé hier s’il était ok pour que je l’enregistre, il a dit ok, aujourd’hui il est assis dans le fauteuil en cuir de Dziadzia René, qui n’a jamais chanté je pense Le chant des partisans, mais son fauteuil est aujourd’hui dans ce salon, et, la sœur de Corentin, Juliette, âgée ce jour de cinq ans et six minutes, est assise à côté de moi, on est tous les deux en face de Corentin, on est assis tous les deux dans un canapé fait d’un entassement de trois matelas, et, Manu, et Robin encore ensommeillé de sa sieste, nous rejoignent, une fois qu’on a fait les enregistrements, qu’on écoute ensuite, tous les cinq, on écoute ensemble trois fois la voix jeune et claire de Corentin qui chante : ami entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines, ami entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne, ohé partisans ouvriers et paysans c’est l’alarme, ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes, montez de la mine descendez des collines camarades, sortez de la paille les fusils la mitraille les grenades, ohé les tueurs à vos armes et vos couteaux tirez vite, ohé saboteurs attention à ton fardeau dynamite, c’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères, la haine à nos trousses et la faim qui nous pousse la misère, il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves, ici nous vois-tu nous on marche nous on tue nous on crève, ici chacun sait ce qu’il veut ce qu’il fait quand il passe, ami si tu tombes un ami sort de l’ombre à ta place, demain du sang noir séchera au grand soleil sur nos routes, chantez compagnons dans la nuit la liberté nous écoute, ami entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne, ami entends-tu le vol noir du corbeau sur nos plaines, oh-oh-oh-oh-oh-oh-oh-oh-oh-oh-oh-oh-oh-oh-oh,
 
 
 
 
 
 
 

… jour suivant →


 
 
 
 
 
 
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