Spinoza in China | 18 novembre 2011 | 12 janvier 2015

 
 
 
Acte I, scène 1.
 
 
 
— Bonjour, je voudrais une chambre. Vous vous souvenez de moi ?
 
 
 
Silence.
 
 
 
— Vous vous souvenez pas ?
 
 
 
Silence.
 
 
 
— Je m’appelle Ernesto. Vous avez pas une chambre ?
 
 
 
Silence.
 
 
 
— J’étais là, la semaine dernière.
 
 
 
Bruit d’ascenseur au fond du couloir, à gauche. Silence.
 
 
 
— Vous avez réservé ?
 
 
 
— Non.
 
 
 
Silence. Bruit d’ascenseur au fond du couloir, à droite.
 
 
 
— C’est complet.
 
 
 
Silence.
 
 
 
— Il vous reste pas une chambre ?
 
 
 
Silence.
 
 
 
— Vous avez pas une chambre ?
 
 
 
— C’est complet.
 
 
 
 
 
 
Acte I, scène 2.
 
 
 
— Patientez un moment s’il vous plaît.
 
 
 
— Je peux m’asseoir dans le fauteuil ?
 
 
 
— Patientez un moment s’il vous plaît.
 
 
 
Un temps.
 
 
 
— Respirez à fond. N’oubliez pas de respirer.
 
 
 
 
 
 
Acte I, scène 3.
 
 
 
— On a une chambre de libre.
— Je prends.
 
 
 
— C’est dans un hôtel, un peu plus loin.
— Je prends.
 
 
 
— Vous pouvez rester assis.
— Ok.
 
 
 
— On va venir vous chercher
— Très bien.
 
 
 
Un temps.
 
 
 
Long.
 
 
 
 
 
 
Acte I, scène 4.
 
 
 
On va venir me chercher.
 
 
 
 
 
 
Acte I, scène 5.
 
 
 
Vous pouvez répondre à ce questionnaire s’il vous plaît ?
 
 
 
Ernesto saisit la feuille qu’on lui tend. Lit les questions rédigées en anglais.
 
 
 
Question 1. À quand remonte votre dernière décision ?
 
 
 
Question 1. À quand remonte votre dernière conquête ?
 
 
 
Question 1. Lors des dix dernières années, dans quelles proportions avez-vous joui et souffert ?
 
 
 
Question 1. Lors des dix dernières années, dans quelles proportions avez-vous joui et détruit ?
 
 
 
Question 1. Quelle différence faites-vous entre joie et jouissance ?
 
 
 
Question 1. Quelle différence faites-vous entre joie et bonheur ?
 
 
 
Question 1. Avez-vous le sentiment de comprendre le mécanisme nécessaire à l’accroissement de votre puissance ?
 
 
 
 
 
 
Acte I, scène 6.
 
 
 
— Vous pouvez répondre à ce questionnaire s’il vous plaît ?
 
 
 
Ernesto saisit le stylo qu’on lui tend. Il écrit au dos la feuille. Il n’y a rien à conquérir. Il y a juste à produire les espaces et les temps nécessaires à la compréhension. Les espaces et les temps nécessaires à la compréhension ne sont pas à conquérir. Ils sont à produire. Les espaces et les temps nécessaires à la compréhension ne sont pas des conquêtes en propre. Ils sont des productions communes. À ce titre, je salue fraternellement tous les dirigeants du parti communiste chinois que je remercie avec la plus grande vigueur pour la chambre libre qui vient de m’être attribuée.
 
 
 
— Vous pouvez rester assis.
 
 
 
 
 
 
Acte I, scène 7.
 
 
 
— C’est quoi ce bouquin ?
— C’est l’Éthique de Baruch Spinoza, monsieur.
 
 
 
— Vous avez lu ?
— Non monsieur.
 
 
 
— Vous comptez vous y mettre ?
— Oui monsieur.
 
 
 
On va venir me chercher.
 
 
 
 
 
 
Acte I, scène 8.
 
 
 
— Respirez à fond. N’oubliez pas de respirer.
 
 
 
 
 
 
Acte I, scène 9.
 
 
 
— Ernesto ?
— Oui monsieur.
 
 
 
— Vous avez quel âge ?
— Dix ans, dix-huit jours et quarante-trois ans monsieur.
 
 
 
— Les dragons de notre vie ne sont peut-être que des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux.
— Oui monsieur.
 
 
 
— Toutes les choses terrifiantes sont peut-être des choses sans secours qui attendent que nous les secourions.
Silence.
 
 
 
— Vous pouvez rester assis.
 
 
 
 
 
 
Acte I, scène 10.
 
 
 
— Vous pouvez rester assis.
 
 
 
 
 
 
Acte I, scène 11.
 
 
 
1. On va venir me chercher.
 
 
 
2. On va m’amener dans un autre hôtel.
 
 
 
3. Un taxi est en train d’arriver.
 
 
 
4. Je patiente encore un peu.
 
 
 
5. Je respire à fond.
 
 
 
— Vous pouvez rester assis.
 
 
 
 
 
 
Acte I, scène 12.
 
 
 
Un groom serviteur rejoint Ernesto. Le taxi arrive. Le groom serviteur a le même âge qu’Ernesto. Le groom serviteur conduit Ernesto jusqu’à l’autre hôtel. Le groom serviteur a de l’argent liquide plein les poches – mais pas le même argent ni les mêmes poches que moi, pense Ernesto. Ni le même argent ni les mêmes poches ? Le groom serviteur veut porter le gros sac à dos d’Ernesto. Ernesto tend au groom serviteur son petit sac à dos. Ou alors le même argent, mais pas les mêmes poches ? Le groom serviteur prend le gros sac à dos d’Ernesto. Ernesto suit le groom serviteur. Ernesto grimpe dans un taxi avec le groom serviteur. Le taxi roule dans les rues de Beijing. Le taxi progresse lentement dans les embouteillages de Beijing. Ernesto respire. Ernesto n’oublie pas de respirer. Le taxi s’arrête devant un hôtel. Ernesto respire.
 
 
 
— Vous pouvez ouvrir la porte.
 
 
 
 
 
 
Acte I, scène 13.
 
 
 
Hanting Hotel.
 
 
 
Faux marbre au sol. Faux marbre aux murs. Hall immense. Comptoir d’accueil en entrant, à gauche. Deux ordinateurs avec connexion Internet, adossés au mur de droite.
 
 
 
Le groom serviteur n’est déjà plus là.
 
 
 
— Ernesto ?
— Oui madame.
 
 
 
 
 
 
Acte I, scène 14.
 
 
 
Une hôtesse à l’accueil remplit l’inscription d’Ernesto sur le grand registre de l’hôtel.
 
 
 
— Pourriez-vous nous préciser ce que vous entendez par origine simple, là, sur votre passeport ?
— Oui madame.
 
 
 
 
 
 
Acte I, scène 15.
 
 
 
— Je crois qu’il n’y a pas d’origine simple madame. Je crois qu’il n’y a pas d’origine monolithique. Il y a l’entremêlement des origines, desquelles je me détache, ou, pour être honnête, desquelles je peine à me détacher. Entremêlement d’origines référentes, maîtresses. Référentes et maîtresses, encore, tant que je m’en détache. Référentes et maîtresses, encore, tant que je veux m’en détacher.
 
 
 
— Il n’y a pas un attachement unique. Il n’y a pas mon origine madame. Il n’y a pas la vôtre et la mienne. La vôtre et la leur. La leur et la mienne. Il y a l’entremêlement des chemins, des récits, des vies. Tout ça, entre chambres, et bureaux, et rues, et champs, et machines. Et.
 
 
 
— Vous voulez bien nous suivre dans la pièce à côté ?
 
 
 
Ernesto suit l’hôtesse.
 
 
 
 
 
 
Acte I, scène 16.
 
 
 
— Entretenez-vous des rapports avec une quelconque origine bourgeoise ?
— Je sais pas.
 
 
 
— Entretenez-vous des rapports avec une quelconque origine paysanne ?
— J’entretiens des rapports avec quelques champs et quelques vignes de l’autre côté de la Bouble – c’est une rivière, qui se jette dans la Sioule, qui se jette dans l’Allier, qui se jette dans la Loire, qui se jette dans l’Atlantique. J’entretiens des rapports avec quelques champs et quelques vignes situés de part et d’autre de la Bouble, à Chantelle, et à Deneuille – ce sont les noms de deux villages, dans le département de l’Allier. C’est en France. J’entretiens des rapports en fait assez distants avec ces quelques champs et quelques vignes. En fait, j’entretiens davantage un rapport avec la distance qui sépare ces champs et ces vignes de l’usine Cataroux de Michelin à Clermont-Ferrand.
 
 
 
— Quel rapport entretenez-vous avec cette usine ?
— Un rapport de surface.
 
 
 
L’hôtesse lui montre une photo.
 
 
 
Silence.
 
 
 
— Qui est cette fille ?
 
 
 
Silence.
 
 
 
L’hôtesse lui montre une autre photo.
 
 
 
— Je quitte cette ville pour quitter cette fille.
 
 
 
L’hôtesse lui montre une autre photo.
 
 
 
— C’est la ville où je cesse de fuir.
 
 
 
L’hôtesse lui montre une autre photo.
 
 
 
— Là, c’est Clermont-Ferrand, en 1968.
 
 
 
— Et à part ça ?
— C’est une ville avec des ouvriers et des secrétaires.
 
 
 
— Et à part ça ?
— À part ça, je sais pas.
 
 
 
— Et à part ça ?
— À part ça, il y a aussi des maçons, et des paysans, et des propriétaires déchus et des florissants, et des régnants bonhommes sous des airs de salopards, et l’inverse, et aussi des artisans, des partisans, des patrons, des femmes de ménage, des médecins, des notaires, des vétérinaires, des handicapés physiques, des handicapés mentaux, et il paraît qu’il y a aussi des étudiants et des intellectuels, mais ça, je sais pas, je sais par contre qu’il y a des communistes, et le parti communiste français, oui, ça, je sais.
 
 
 
— Et à part ça ?
— À part ça, Josefa Josefa est belle comme un ange qui serait né dans une ville super lumineuse, une ville lumière, on dit ça à propos de Paris en France. Josefa Josefa est belle comme un ange qui serait né dans une ville comme Paris, par exemple. Et un jour, comme elle est comme un ange, elle a des ailes, elle s’envole, elle prend son envol, et elle vole un peu partout, au-dessus de la France. Et un jour, elle passe au-dessus de Clermont-Ferrand, elle passe juste au-dessus de l’usine Cataroux de Michelin à Clermont-Ferrand et là, dans l’usine, elle voit Ramon Ramon derrière trois pneumatiques encore tout chauds, tout fumants, à peine sortis du four de cuisson des pneumatiques.
 
 
 
— Et à part ça ?
— À part ça, elle continue encore de voler pendant quelques minutes ou quelques heures ou quelques jours, je sais plus, je sais juste qu’à un moment donné, elle se retrouve en train de planer au-dessous des champs et des vignes de Deneuille, dont je vous parlais tout à l’heure, elle plane, au-dessus des champs et des vignes, elle plane, au-dessus de la Bouble, elle traverse la Bouble, et de l’autre côté de la Bouble, elle plane au-dessus de Chantelle, et là, à Chantelle, elle plane au-dessus du stade de foot, et alors on doit être dimanche, ou quelque chose comme ça, et sur le stade de foot, il y a Ramon Ramon, ailier droit de l’équipe de foot de Chantelle, en train de courir avec la balle au pied, avec ses belles cuisses, bien excitantes, en action, et là, Josefa Josefa, elle descend sur le terrain de foot, et là, c’est la rencontre.
 
 
 
— Et à part ça ?
— Aujourd’hui, je sais que le travail d’ouvrier en usine devient pénible et vraiment super merdique, non pour des raisons exclusivement physiques, mais en conséquence d’un pourrissement social et humain, général, à partir des années 80, en France.
 
 
 
— Et à part ça ?
— Je me souviens du début d’un bouquin où la première phrase est la suivante : le 10 mai 1981, j’ai fermé mes volets.
 
 
 
— Et à part ça ?
— J’ai longtemps cherché où se planquait leur gloire, au moment de ma naissance, et aussi durant toute mon enfance.
 
 
 
— Et à part ça ?
— J’ai longtemps pensé que j’étais leur gloire.
 
 
 
— Bon. On va vous donner un badge magnétique. Ne le perdez pas. Il donne accès à votre chambre et vous permet de prendre l’ascenseur. Chambre 7721. 7ème étage. L’ascenseur est sur votre gauche.
 
 
 
— Merci madame.
 
 
 
 
 
 
Acte II.
 
 
 
• scène 1 • 12 janvier 2015 • 23h21 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : j’avais besoin d’être sur la place du village, alors je suis allé sur la place du village, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 2 • 12 janvier 2015 • 23h22 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : la guerre sociale est une guerre qui divise la seconde confédération athénienne, entre moins 357 et moins 355, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 3 • 12 janvier 2015 • 23h23 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : c’est sur la place du village des gaulois et avec les gaulois que tu es allé, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 4 • 12 janvier 2015 • 23h24 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : la seconde confédération athénienne est une confédération maritime de cités égéennes, dirigée essentiellement par athènes, et visant à une défense commune contre l’expansion de sparte, puis, contre l’empire perse, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 5 • 12 janvier 2015 • 23h25 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : à nous trois, on a la collection complète des albums d’astérix, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 6 • 12 janvier 2015 • 23h26 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : la guerre sociale est également une guerre qui oppose la ligue achéenne et le royaume de macédoine à la ligue étolienne, entre moins 220 et moins 217, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 7 • 12 janvier 2015 • 23h27 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : il manque un album, je trouve, dans notre collection, un album qui pourrait avoir pour titre astérix et obélix et idéfix et le concept de laïcité expliqué au peuple gaulois, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 8 • 12 janvier 2015 • 23h28 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : la ligue achéenne est une confédération de villes d’achaïe, sur la côte nord-est du péloponnèse, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 9 • 12 janvier 2015 • 23h29 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : dans l’album astérix et obélix et idéfix et le concept de laïcité expliqué au peuple gaulois, on pourrait lire par exemple que la laïcité gauloise est un armistice gaulois pensé par des gaulois pour des gaulois, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 10 • 12 janvier 2015 • 23h30 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : à son apogée, la ligue achéenne contrôle tout le péloponnèse, à l’exception du sud de la laconie, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 11 • 12 janvier 2015 • 23h31 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : dans l’album astérix et obélix et idéfix et le concept de laïcité expliqué au peuple gaulois, on n’oublierait pas de préciser qu’un armistice n’est pas un traité de paix, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 12 • 12 janvier 2015 • 23h32 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : en conséquence de la montée de l’impérialisme romain dans la région, et suite à la guerre d’achaïe, la ligue achéenne est dissoute en moins 146, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 13 • 12 janvier 2015 • 23h33 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : dans l’album astérix et obélix et idéfix et le concept de laïcité expliqué au peuple gaulois, on pourrait noter, le plus simplement possible, qu’un armistice est une convention signée par plusieurs parties en guerre mettant fin aux hostilités, sans mettre officiellement fin à la guerre, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 14 • 12 janvier 2015 • 23h34 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard à nantes, on fait le résumé de la situation : le royaume de macédoine est un état du nord de la grèce antique, entre moins 796 et moins 168, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 15 • 12 janvier 2015 • 23h35 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : dans l’album astérix et obélix et idéfix et le concept de laïcité expliqué au peuple gaulois, on pourrait faire, discrètement, un petit anachronisme, aussi, et consacrer deux ou trois cases à l’expression france, fille aînée de l’église, juste pour dire que l’expression est prononcée pour la première fois le 14 février 1841 par le père henri-dominique lacordaire, dans la cathédrale notre-dame de paris, pour évoquer le lien entre le roi louis dix-neuf, alors en exil, et sa filiation avec l’église, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 16 • 12 janvier 2015 • 23h36 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : la ligue étolienne est une confédération de la grèce antique centrée sur les cités d’étolie, en grèce centrale, qui se constitue en moins 370 pour s’opposer à la macédoine et à la ligue achéenne, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 17 • 12 janvier 2015 • 23h37 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : dans l’album astérix et obélix et idéfix et le concept de laïcité expliqué au peuple gaulois, on pourrait faire un maximum d’anachronismes, il pourrait y avoir quelques cases, aussi, évoquant la tenue d’un colloque à la sorbonne, consacré à l’épineuse question : mais qu’en est-il des citoyens athées dessinant des représentations du paradis sous forme d’un nuage avec un barbu qui accueille les morts après la mort ? et, là, il y aurait un sosie de reiser, ou reiser lui-même, bien vivant, qui prendrait la parole sans y avoir été invité, et qui dirait à la salle mais qu’est-ce que vous croyez ? bien sûr que les morts après la mort sont encore vivants, ils parlent avec dieu, il baisent avec lui autant qu’entre eux, selon les dessins, il suffit de regarder les dessins, pour comprendre, il y a une vie après la mort, y compris pour les citoyens athées, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 18 • 12 janvier 2015 • 23h38 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : la guerre sociale est également une guerre opposant la république romaine et les alliés italiens, entre moins 90 et moins 88, guerre déclenchée suite à l’assassinat de livius drusus, tribun de la plèbe, qui tentait de faire obtenir la citoyenneté romaine aux italiens alliés de rome mais non romains, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 19 • 12 janvier 2015 • 23h39 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : dans l’album astérix et obélix et idéfix et le concept de laïcité expliqué au peuple gaulois, il pourrait y avoir aussi la définition du calendrier grégorien, toute simple : le calendrier grégorien est un calendrier solaire conçu à la fin du seizième siècle pour corriger la dérive séculaire du calendrier julien alors en usage, il porte le nom de son instigateur, le pape grégoire treize, et, adopté à partir de 1582 dans les états catholiques, puis, dans les pays protestants, son usage s’est progressivement étendu à l’ensemble du monde, au début du vingtième siècle, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 20 • 12 janvier 2015 • 23h40 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : dans la rome antique, les tribuns de la plèbe sont les représentants de la plèbe, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 21 • 12 janvier 2015 • 23h41 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : le président de la république française accueille le premier ministre de la république israélienne à la synagogue de la victoire, à paris, et non à l’ambassade d’israël, et, les cloches de notre-dame de paris sonnent, à midi, afin que le peuple gaulois et laïc de france n’oublie pas de se recueillir et de penser à ses morts, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 22 • 12 janvier 2015 • 23h42 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : la plèbe est une partie du peuple romain, distincte des esclaves, et définie par opposition aux patriciens, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 23 • 12 janvier 2015 • 23h43 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : le top 5 des audiences en prime time, le dimanche 11 janvier 2015, est le suivant : 1. les bronzés, film français sorti en salle le 22 novembre 1978, et diffusé ce dimanche, sur tf1, il est regardé par 4,2 millions de téléspectateurs, soit 17,7% de part d’audience ; 2. soirée je suis charlie, je suis éclairé, je suis super éclairée, je suis une lumière, diffusée ce dimanche, sur france 2, regardée par 3,6 millions de téléspectateurs, soit 18,5% de part d’audience ; 3. les enquêtes de véra, série britannique dont le synopsis est le suivant : obsédée par son travail et guidée par ses propres démons, vera stanhope mène l’enquête, épaulée par le sergent joe ashworth, les deux premiers épisodes sont diffusés ce dimanche, sur france 3, ils sont regardés par 3 millions de téléspectateurs en moyenne pour les deux épisodes, soit 12,9% de part d’audience ; 4. zone interdite, édition spéciale attentats, diffusée ce dimanche, sur m6, et regardée par 2,4 millions de téléspectateurs, soit 9,8% de part d’audience ; 5. vol au-dessus d’un nid de coucou, film américain sorti en salle en 1975, et diffusé ce dimanche, sur arte, il est regardé par 869.000 téléspectateurs, soit 3,3% de part d’audience, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 24 • 12 janvier 2015 • 23h44 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : l’esclavage dans la rome antique est l’institution qui régit la condition des non-libres, juridiquement assimilés à des choses, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 25 • 12 janvier 2015 • 23h45 • je pense à spinoza et à dieu c’est-à-dire la nature.
 
 
 
• scène 26 • 12 janvier 2015 • 23h46 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : un patricien, du latin pater, qui signifie père, est durant la période romaine antique un citoyen qui appartient par sa naissance à la classe supérieure, ancienne, et traditionnelle, et, par ce rang, détient diverses prérogatives, politiques et religieuses, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 27 • 12 janvier 2015 • 23h47 • je pense au coup de couteau qu’a reçu spinoza.
 
 
 
• scène 28 • 12 janvier 2015 • 23h48 • avec boule et bill on boit une dernière bière chez monsieur machin rue saint-léonard, à nantes, on fait le résumé de la situation : en latin, socii, mot sur lequel est construit social, et sociale, et société, signifie alliés, dit l’un de nous trois.
 
 
 
• scène 29 • 12 janvier 2015 • 23h49 • je vois sur le zinc du bar, chez monsieur machin, rue saint-léonard, à nantes, la une de ce jour du quotidien ouest-france, un mot a disparu, sauras-tu retrouver lequel ?
 
 
 
 
 
 
 
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