Spinoza in China 15 novembre 2011 | 7 janvier 2015

 
 
 
Une employée de maison vient leur faire le ménage. Une employée de maison vient leur faire à manger. Une employée de maison lave leurs draps. Une employée de maison lave leurs vêtements. Une employée de maison fait tourner leur machine à laver. Une employée de maison lave leur sol. Une employée de maison fait leur lit. Une employée de maison nettoie leur table. Ils payent une employée de maison pour le travail qu’elle effectue dans la maison. C’est un métier, avec un salaire. Vince Parker va travailler sa thèse, à la bibliothèque, tous les jours. Caroline Parker bosse pour l’événementiel international. Ernesto, quant à lui, cache ses vêtements dans son sac à dos, et lave tout au savon de Marseille. Il est 9h15.
 
 
 
• madame lectrice, monsieur lecteur • bonjour • il est 11h07, le 7 janvier 2015, j’ai aujourd’hui quatorze ans et sept secondes et je vous compte pas les siècles,
 
 
 
Et. En conséquence directe ou indirecte des relations pas super apaisées qu’il entretient avec les notions de travail, salarié ou non, de maison, ouverte ou fermée, de famille, sainte ou païenne, de parole, de regard, de silence et de peur à gogo, on voit Ernesto quitter la chambre sous les toits, sans passer par l’appartement de Caroline et Vince Parker. Et. Sans autre intention consciente que de sortir. Et. Sans autre nécessité consciente que de marcher, dehors, être dehors. On voit Ernesto dévaler les escaliers. On le voit marcher, jusqu’à Hengshan road station. On le voit prendre le métro. On le voit qui s’assoit dans un wagon d’une rame de ligne numéro un. On le voit descendre du wagon à Shanghai railway station. On le voit rejoindre la ligne numéro trois. On le voit s’asseoir à nouveau dans un wagon et ne quitter le métro qu’au terminus de la ligne numéro trois, à North Jiangyang road station, tout au nord de la ville. Là, on voit Ernesto sortir du métro. On le voit regarder les chauffeurs de taxi et les conducteurs de pousse-pousse qui attendent les clients. On le voit dresser la tête, bien droit, pour bien montrer qu’il sait où il va. On le voit dresser la tête, bien droit, pour bien montrer qu’il n’a besoin de personne. On le voit marcher tout droit, tout droit vers le nord. Est-ce qu’il espère rejoindre le fleuve ? Géant ? Tout au nord de la ville ? Le fleuve ? Ou l’océan ? Il ne sait pas très bien. Peut-être est-il en train de rêver de sable fin, et de vent du large. On ne sait pas. Ce qu’on sait, ce qu’on voit, c’est qu’il marche, pendant une demi-heure, sur un trottoir le long d’une deux fois quatre voies. Il marche, pendant une demi-heure, le long du mur d’enceinte d’une usine, longue de trois kilomètres. Puis, il bifurque à gauche, en direction de l’ouest. Et rejoint quelque chose comme un quartier, grand comme une ville. Alors. On le voit marcher au milieu d’immeubles de vingt ou trente étages, dans ce quartier grand comme une ville. On le voit, peut-être, en train déjà de flipper sa petite race relativement au fait qu’il commence à penser, peut-être, au chemin du retour, incertain. Et. Alors. Peut-être. Ernesto est-il en train de se demander si par hasard, une race, ce ne serait pas ça : une race, ce serait juste la peur, ou parfois la terreur, relative au chemin d’un retour super incertain. On ne sait pas. On ne sait pas ce qu’il pense, Ernesto. Pas toujours. Mais on le voit. On le voit marcher. On le voit marcher un peu plus vite, même, et, peut-être, on peut se dire qu’il a un peu plus peur que tout à l’heure de ne pas trouver le chemin de retour, ou, alors, simplement, un peu plus froid. On ne peut pas être sûr. On peut juste le voir, là, marcher, en direction de l’ouest, traverser carrefour et carrefour, au milieu d’immeubles, de vingt et trente étages, on peut le voir marcher toujours plus loin, vers l’ouest. Jusqu’à ce que. On le voit qui s’assoit. Sur un banc. Sur une place. Il est là. Ernesto. Il a dix ans et quinze minutes et un instant il oublie les siècles. Il est assis sur un banc, au pied d’immeubles de vingt ou et trente étages. Il a peut-être faim. Il est inquiet, peut-être, quant au chemin du retour. Il rêve, peut-être, d’une plage de sable fin, de vent du grand large, avec Yameng ou Angela. On ne sait pas.
 
 
 
• madame lectrice, monsieur lecteur • bonjour • il est 11h09 aujourd’hui 7 janvier 2015, et je travaille de la poésie,
 
 
 
On voit juste qu’il s’assoit et qu’il remarque assez vite la présence d’un clochard sur un autre banc. Un clochard qui mange un sandwich et qui lui aussi assez vite remarque la présence d’un autre gugusse, sur un autre banc. Et. Là. Non seulement Ernesto regarde intensément l’autre gars, assis sur l’autre banc, le clochard, mais plus précisément, il regarde le tissu du pantalon de l’autre gars, assis sur l’autre banc. Et. Plus précisément, encore, il regarde la poche avant gauche du pantalon de l’autre gars, assis sur l’autre banc. Et. Là. Ernesto reconnaît la forme d’un couteau. Et. Là. Ernesto reconnaît conséquemment sa petite race qui flippe. Depuis l’intérieur de la poche avant gauche du pantalon de l’autre gars, assis sur l’autre banc, Ernesto, même, voit une goutte de sang toute fraîche tacher le tissu. Et. Ernesto, âgé alors de dix ans et seize minutes, baisse les yeux et constate qu’il porte le short Adidas adéquat à son âge. Il regarde son genou, gauche, avec une petite égratignure et du mercurochrome, séché. Et. Il sort de son sac à dos une mandarine ou une clémentine et commence à l’éplucher. Ici. Sur ce banc. Ici. Sur cette place publique au pied d’immeubles de vingt et ou trente étages. Dans ce quartier grand comme une ville. À la périphérie nord de Shanghai.
 
 
 
• madame lectrice, monsieur lecteur • bonjour • il est 11h10 aujourd’hui 7 janvier 2015 et la poésie est un mot sur lequel accords et désaccords quant à ce qu’il désigne peuvent séparer les êtres des êtres comme n’importe quel mot relatif à n’importe quelle type d’activité ou idée humaine,
 
 
 
Cœur battant. Cœur inquiet. Chemin de retour incertain. Ernesto, âgé de dix ans et seize minutes, en short Adidas, comme avant quelque entraînement de football du mercredi après-midi, rêve de sable fin, de vent du large. Il détourne la tête vers sa gauche. Tandis qu’un autre gars, arrive sur la place, activant au bout d’une canne qu’il tient en main une pince métallique, à l’aide de laquelle, il saisit, lentement, une à une, les feuilles mortes au sol de la place, les morceaux de papiers qui traînent, volent. Ici. Un à un. Au pied de ces immeubles de vingt ou et trente étages, à la périphérie nord de Shanghai.
 
 
 
• madame lectrice, monsieur lecteur • bonjour • je travaille de la poésie le 7 janvier 2015 aux environs de 11h14 au 29 rue alexandre gosselin à nantes quand deux gars armés chacun d’une kalachnikov tuent une fille et onze gars au 10 rue nicolas appert dans les locaux de charlie hebdo et sur le boulevard richard lenoir à paris dans le 11 ème arrondissement,
 
 
 
Ernesto. Baisse les yeux et regarde son genou gauche. Ernesto. Regarde l’écorchure et le mercurochrome séché. Il finit d’éplucher la clémentine ou la mandarine. Est-ce une orange ? Il mange un à un les quartiers du fruit. Il s’essuie la bouche. Il se mouche. Quand il se mouche, ça fait comme un bruit de trompette sourde qui résonne sur toute la place, au bas des immeubles. Ici. En Chine. On crache dans les rues. Ici. En Chine.
 
 
 
On ne se mouche pas dans les rues. Ici. En Chine.
 
 
 
• et si le mot poésie désigne par exemple tout type de production de formes et de relations,
 
 
 
Ernesto. Cœur battant. Ernesto. Cœur inquiet.
 
 
 
• si le mot poésie désigne tout type d’attention à l’égard de ces formes et de ces relations,
 
 
 
Le gars, assis sur l’autre banc, et le gars, à la pince métallique en bout de canne, regardent Ernesto.
 
 
 
• si un poème peut être une action, donnée, où la production de formes et de relations et l’attention à l’égard de ces formes et de ces relations sont deux de
ses cœurs battants,
 
 
 
Deux femmes arrivent sur la place. Chacune avec une pelle et un balai. Chacune ramasse déchets et débris baladés par le vent au pied des immeubles. Elles traversent la place. Elles disparaissent derrière un des immeubles. Il est 14h06.
 
 
 
• si les phrases, les images, les paroles, formulées et rendues publiques, sont une partie de la production et de l’attention,
 
 
 
si l’inexprimé – qu’il soit conséquence d’un supposé inexprimable ou conséquence d’un silence décidé – est une partie de la production et de l’attention,
 
 
 
si l’action est une partie de la production et de l’attention,
 
 
 
si l’inaction également,
 
 
 
alors, deux gars armés chacun d’une kalachnikov tuant une fille et onze gars sont une partie de la production et de l’attention,
 
 
 
alors, deux gars armés chacun d’une kalachnikov et une fille et onze gars pénètrent et font partie maintenant du poème,
 
 
 
alors, deux gars et une fille et onze gars pénètrent et modifient maintenant le poème,
 
 
 
ici, frédéric boisseau, franck brinsolaro, jean cabut, elsa cayat, stéphane charbonnier, philippe honoré, chérif kouachi, saïd kouachi, bernard maris, ahmed merabet, mustapha ourrad, michel renaud, bernard verlhac, georges wolinski, pénètrent et modifient maintenant le poème,
 
 
 
beaucoup d’autres, une infinité d’autres, pénètrent et modifient maintenant le poème,
 
 
 
par les actes et l’inaction et les mots et les phrases et les paroles et les images formulés et rendus publics et par l’inexprimé tous en tant que nous sommes vivants nous participons de la modification du poème,
 
 
 
chefs d’état des pays du monde entier responsables de groupes industriels que les industries soient matérielles immatérielles alimentaires culturelles ou de l’armement ou que sais-je responsables de groupes bancaires immobiliers musicaux pharmaceutiques responsables de tout type de commerce ou d’échange tous et toutes plus au moins attentifs ou attentives aux relations existantes entre les êtres humains vivants où qu’ils vivent tous et toutes responsables à quelque niveau que ce soit tous nous modifions l’existant du monde nous modifions le poème,
 
 
 
à nos amis et les années 10 et toute une bande de livres en amitié et toute une bande d’amies et d’amis qui écrivent ces livres et ou les lisent et ou les aiment et vivent en conséquence autant que faire se peut modifient le monde modifient le poème,
 
 
 
les mots imbéciles entendus, les mots aimables entendus, tous les mots entendus, modifient le monde, tous, ils modifient le poème,
 
 
 
le bon et le mauvais en acte, et la méchanceté, et l’intelligence, effectives, modifient le monde modifient le poème,
 
 
 
nous avons ce qui nous blesse et amoindrit ce qui augmente et nourrit notre ce que nous pouvons ce qu’il en est de notre ce qu’il en est aujourd’hui d’un possible pour nous de faire est le sens du mot puissance tel que je l’entends et l’aime et de nausée à la vue des postures de nausée en recyclages déjà scénarisés non je n’irai pas manifester je n’écrirai pas un mot j’écris manière de mettre en accord ma vie avec sera jusqu’à ce point vie séparée non de l’indignation ne suffit nous ne connaissons la dignité que par les actes parlant en lieu et place du bien penser pour le bien de ce bien moral et de son mal je ne veux n’aurons ou n’auront je ne sais plus besoin de cette indignation sans demain de nausée de ce peu d’attention de ce peu de considération et de conséquence à l’égard des mots écrits ou et dits c’est-à-dire à l’égard des personnes humaines je suis en train de vivre un moment de panique difficile de penser dans la panique il n’est pas impossible de défaire la panique,
 
 
 
je m’appelle ernesto,
 
 
 
j’ai aujourd’hui quatorze ans, quelques secondes et quelques siècles au compteur et je suis en colère, je ne suis pas triste, je suis en colère,
 
 
 
ma colère est colère à l’égard des mots énoncés une fois énoncés restant lettres mortes dans la vie de qui les a énoncés,
 
 
 
non,
 
 
 
ma colère est colère à l’égard non des mots énoncés mais de qui les énoncent en lettres mortes,
 
 
 
c’est la première fois que je comprends, la première fois que j’entends, la première fois que je ressens le sens de l’expression lettres mortes,
 
 
 
mots énoncés une fois énoncés restant lettres mortes dans la vie de qui les a énoncés : produit en moi colère et nausée,
 
 
 
il convient que je m’attelle à défaire ce qui en moi produit une telle colère et une telle nausée,
 
 
 
est-ce cela la honte ? est-ce que j’éprouve un sentiment de honte ?
 
 
 
est-ce là honte de vie piétinant la vie humiliant la vie réifiant la vie ?
 
 
 
est-ce là honte et colère et nausée toutes exposées retournées contre soi afin d’expier au grand jour avec ?
 
 
 
la honte est un rêve pourri de gloire où la gloire n’advient pas,
 
 
 
dans le titre pour en finir avec le jugement de dieu, c’est le mot jugement qui importe, le mot jugement désigne une action ennemie,
 
 
 
jugement de dieu, n’est-ce pas un pléonasme ?
 
 
 
baruch et virginia jouent dans le jardin derrière la maison, il est quatre heures, dans la nuit,
 
 
 
baruch et virginia sont en équilibre sur les branches de l’arbre, dans le jardin de la maison d’en face, il est 11h45,
 
 
 
il est 11h45 et depuis un quart d’heure circule sur les réseaux dits sociaux je suis
charlie,
 
 
 
je suis charlie est une image produite une demi-heure après la tuerie rue nicolas appert et boulevard richard lenoir,
 
 
 
je suis charlie est une image produite par joachim roncin, styliste de trente-neuf ans, directeur artistique de l’hebdomadaire gratuit stylist, distribué à 450.000 exemplaires chaque semaine,
 
 
 
l’hebdomadaire stylist est un magazine hebdomadaire, féminin, gratuit, haut de gamme, du groupe marie claire,
 
 
 
l’hebdomadaire stylist aspire à faire rimer luxe et gratuité,
 
 
 
80% des exemplaires de stylist sont distribués chaque jeudi de la main à la main par près de quatre cent quatre-vingt femmes, dites hôtesses, réparties dans près de 800 points-clés de vente, le reste des exemplaires est mis à disposition sur des présentoirs, dans des lieux dits tendance, par exemple des restaurants branchés et des boutiques de mode,
 
 
 
il est 11h45, et robinson fait circuler trois phrases du dernier livre d’olivier cadiot : on peut jouer aux cartes dans la tranchée et mais ça ne concerne pas seulement votre propre corps, l’équilibre se fait avec tout ce qui se passe autour de vous dehors et vous n’êtes pas tout seul, mon petit, c’est providence, le titre du livre,
 
 
 
il est 11h45, et d’un livre de badiou dont je ne citerai pas le titre, m’étant promis un jour de ne jamais écrire le nom de cet homme faisant partie des mots constituant le titre de ce livre, considérant qu’écrire le nom de cet homme nourrit la méchanceté, à commencer par la méchanceté de celles et de ceux qui se disent être ses adversaires, ou, ses ennemis, à commencer par la méchanceté en moi qui n’attend qu’une méchanceté adverse pour se nourrir, de ce livre, je me rappelle souvent la phrase suivante : il y a un seul monde,
 
 
 
je me rappelle aussi, de ce même livre, une autre phrase : l’amour doit être réinventé (point dit de rimbaud), mais aussi tout simplement défendu,
 
 
 
ces phrases, dans ce livre, sont ce que badiou appelle des exemples de points à tenir, ce sont des points théoriques sur lesquels ne pas céder dans les conséquences qu’ils impliquent d’un point de vue pratique au quotidien de nos vies : sur tels ou tels points, qu’il nous appartient de définir, individuellement, ou en groupe, sur ces points, nous ne céderons pas,
 
 
 
un ami de l’ami laurent est traducteur et pour gagner de l’argent il traduit entre autres des documents de banque et de marketing, et la tâche la plus importante de ce travail, pour lui, est de sauver les mots, c’est un exemple de point à tenir, et lorsque l’ami de l’ami laurent rencontre par exemple le mot amour associé à quelque affaire bancaire ou quelque campagne marketing, dans le document qu’il est en train de traduire, il sauve le mot amour et le traduit par un mot bancaire ou marketing mais pas par le mot amour,
 
 
 
oui je suis en colère et je crains de ne trouver aucune manière juste et mesurée pour dire contre quoi je suis en colère,
 
 
 
je voudrais trouver une manière juste et mesurée mais ce qui me vient c’est je suis en colère contre le salopage de l’amour et de l’intelligence et de la pensée,
 
 
 
la possibilité de l’amitié, de l’amour, la possibilité de la poésie, la possibilité d’une intelligence, éthique, la possibilité d’être en possession d’une kalachnikov, viens, je t’emmène en balade,
 
 
 
on se caresse on se lèche et le sexe d’abord souple caressant le sexe d’abord sec devient l’un roide et l’autre humide et tendrement l’un pénètre l’autre,
 
 
 
nous partons en balade, oui, c’est encore possible,
 
 
 
à 13h25, à la gare de nantes, angela et moi, enlacés,
 
 
 
on se retrouve dans cinq jours,
 
 
 
l’amour grandit, vivant, il grandit, oui, c’est une réalité possible,
 
 
 
à 18h00 je rejoins avec deux amis le rassemblement à nantes, afin de ne pas rester seul avec cette honte, ou cette colère, ou ce chagrin ou quel sentiment de passion meurtrie après la tuerie de ce matin,
 
 
 
certaines et certains prenant part au rassemblement brandissent des stylos, pour signifier, j’imagine, liberté d’expression, ces stylos brandis nourrissent ma colère,
 
 
 
il m’est nécessaire de comprendre ce qui nourrit cette colère afin de la défaire et de nourrir une intelligence, éthique, ouverte, autant que faire se peut,
 
 
 
certaines et certains prenant part au rassemblement applaudissent, je ne comprends pas ces applaudissements, je les trouve obscènes, ces applaudissements nourrissent ma colère,
 
 
 
il m’est nécessaire de comprendre ce qui nourrit cette colère afin de la défaire,
 
 
 
et, autant que faire se peut, nourrir toute intelligence, éthique, ouverte,
 
 
 
à paris, michael évoque avec angela l’intelligence de l’émotion,
 
 
 
et dans je suis charlie c’est je suis que j’entends, ce que j’entends c’est je suis je suis je suis je suis, c’est moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi, je n’entends rien d’autre que moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi moi, ne serait-il pas plus juste de dire je ne sais plus qui je suis, nous ne savons plus qui nous sommes, nous ne savons plus que compter les morts et les pleurer,
 
 
 
à paris, michael évoque avec angela l’intelligence de l’émotion,
 
 
 
certaines et certains commencent à entonner la marseillaise, vite sifflée, la marseillaise est arrêtée,
 
 
 
l’intelligence de l’émotion est une réalité possible,
 
 
 
une vie désirable est une réalité possible,
 
 
 
je quitte le rassemblement, je rentre seul,
 
 
 
l’exergue de à nos amis est composé de deux phrases : il n’y pas d’autre monde et il y a simplement une autre manière de vivre, ce sont deux phrases de jacques mesrine,
 
 
 
la violence associée à ce nom m’effraie,
 
 
 
toute intelligence piétinée, toute intelligence humiliée, toute intelligence réifiée, toute intelligence détruite, toute intelligence réduite, toute intelligence tuée, toute vie piétinée, humiliée, réifiée, tuée, réduite, détruite, amoindrit notre puissance,
 
 
 
je vais me taire je ne vais rien dire je ne vais rien ajouter à ce vacarme de coqs et de poules et de chiennes et de chiens partout mâles et femelles de tous poils et toutes plumes ça jappe ça caquette ça fait mal au tympan ça fait mal au fond du cœur ça fait mal ce caquètement jappement ces aboiements je suis je suis je suis une poule une chienne un chien une femelle un mâle avec poils et plumes je vais me taire j’ai besoin de le dire je vais me taire j’ai besoin de dire quelque chose non pas maintenant je vais me taire me terrer quelques jours écrire dans le terrier je ne peux rien dire je ne vais rien ajouter de plus j’ai besoin cependant de l’écrire,
 
 
 
À 14h07. Ernesto rejoint le métro car sa race qui flippe a besoin de trouver le chemin du retour et toujours le trouve. Une race qui flippe est une race qui ne perd jamais le chemin de retour. Une race qui flippe est une race qui flippe de perdre mais ne perd jamais. Ce qui flippe dans la race qui flippe trouve ou retrouve toujours le chemin du retour. Ce qui flippe dans la race qui flippe ne se perd jamais complètement. C’est comme ça. Pour Ernesto, ce jour-là, c’est comme ça. Et c’est comme ça qu’on voit Ernesto rejoindre North Jiangyang road station et reprendre le métro cette fois en direction du sud et en sortir trois stations plus loin à Songsbi road station. Car. Nonobstant sa race qui flippe. Ernesto ne cesse de vouloir respirer le grand air du grand large. Et. Il a vu tout à l’heure au niveau de Songsbi road station un bras de mer ou un bras de fleuve avec des bateaux. Il veut grimper dans un bateau. Il veut prendre un bateau pour rejoindre cette île au large de Shanghai dont lui a parlé Vince Parker l’autre soir. Il veut aller sur cette île. Il veut respirer le grand air du grand large. Il descend à Songsbi road station et marche en direction de l’est. Il marche. Marche et trouve un embarcadère. Marche et trouve un guichet et demande à l’homme derrière le guichet comment est-ce que je peux aller sur l’île ? Comment est-ce que je peux revenir ici ? Come back. I want to come back. L’homme, derrière le guichet, note quelques indications dans le carnet que lui tend Ernesto. Ernesto dit merci avec son gentil sourire. Ernesto achète un billet. Patiente dans une file d’attente. Grimpe dans un bateau. Le bateau navigue, sur le fleuve, ou sur le bras de mer. Le bateau rejoint l’île. Ernesto arrive sur l’île. Et. À peine le premier pied posé sur l’île, Ernesto pense au chemin du retour. Come back. I want to come back. Il est 15h47.
 
 
 
• 15 novembre 2011 • si l’état du monde est visible un peu sur mon visage alors je peux dire un peu je suis de ce monde → derniers visages → [6/10] → ce jour-là → est visible sur le visage d’ernesto → le visage de roselyne bachelot-narquin → ministre des solidarités → + → de la cohésion sociale → du gouvernement de la république française → alors que le président de la république française → annonce que les bénéficiaires du revenu de solidarité active → devront maintenant travailler → à raison de sept heures hebdomadaires → en contrepartie de l’aide qui leur est versée → pas pour punir → mais pour respecter → pas pour punir → mais pour ramener la dignité → on ne peut pas être digne quand on ne fait que tendre la main.
 
 
 
Ernesto pense il me faut rentrer au plus vite, avant la nuit. Ernesto pense il me faut trouver avant la nuit ce bus, qui, si je comprends bien les quelques notes écrites par l’homme assis derrière le guichet à l’embarcadère, me permettra de rejoindre le continent. Et. À peine le premier pied posé sur l’île, Ernesto fonce droit vers la première boutique qu’il voit. Il entre dans la boutique. Et montre à la femme qui se tient assise derrière le comptoir les notes écrites par l’homme assis derrière le guichet, à l’embarcadère. Et. La femme regarde Ernesto, lui sourit, commence à lui expliquer comment rejoindre le bus – du moins, c’est ce qu’imagine Ernesto, tandis qu’il regarde les mouvements des bras et des mains de la femme, tandis qu’il regarde son visage, ses yeux, sa bouche, ses lèvres, tandis qu’il entend les sons de la langue chinoise sortir de la bouche de cette femme et tandis qu’il entend sa race qui flippe, vite rejoindre au plus vite ce bus avant que la nuit tombe. La femme sort de la boutique, hèle à l’extérieur une autre femme, sur un triporteur, fait signe à Ernesto de rejoindre l’autre femme, sur le triporteur. Ernesto s’exécute. Il rejoint la femme sur le triporteur. Il grimpe, à l’arrière du triporteur. Et. La femme de la boutique fait un signe de la main droite en direction d’Ernesto, quand le triporteur démarre. Elle fait cinq, avec ses doigts. Ernesto pense qu’elle lui réclame de l’argent. Cinq yuans. Et. Mais. Le triporteur est déjà loin. Et. À l’arrière du triporteur, Ernesto cherche des indications dans le paysage, qui lui donnerait des preuves, quant à quoi ? Quant au retour en cours. Ernesto voit des fanions, immenses, en bordure des rues, hyper larges, avec des immeubles, partout, en construction. Sur un des fanions, Ernesto identifie un pont, enjambant le fleuve ou le bras de mer. Il pense : voilà, c’est bon, c’est le pont pour le continent, c’est le pont pour le bus, c’est le pont du retour, c’est bon, c’est le bon pont. Et. Quand le triporteur s’immobilise à proximité d’un bâtiment devant lequel sont garés quelques bus, Ernesto hésite une seconde. Et. Mais. La femme qui conduit le triporteur se retourne vers lui, lui montre le bâtiment et les bus. Ernesto sourit. Ernesto cherche de l’argent dans son sac à dos, donne de l’argent à la femme, se demande s’il donne assez d’argent. Le triporteur et la femme sont déjà loin. Et. Ernesto rejoint le bâtiment et les quelques bus. Il comprend alors que le signe de la main que lui a fait la femme de la boutique, tout à l’heure, cinq, avec les doigts, c’est le numéro du bus. Ernesto achète un billet. Ernesto monte dans le bus. Le bus passe par un tunnel sous le fleuve ou le bras de mer et non sur le pont vu sur les fanions géants. Ernesto rêve de grand air. Ernesto rêve de grand large. Le bus emprunte un trajet qui ramène Ernesto exactement là où il a pris le bateau. Come back. Exactement ce qu’Ernesto avait demandé à l’homme derrière le guichet, au moment d’acheter le billet de bateau. I want to come back. Il est 17h29.
 
 
 
• 15 novembre 2011 • si l’état du monde est visible un peu sur mon visage alors je peux dire un peu je suis de ce monde → derniers visages → [7/10] → ce jour-là → est visible sur le visage d’ernesto → le visage de tiphaine goisbeault → directrice du pôle équipement de la société médiamétrie spécialisée dans la mesure d’audience → + → dans les études marketing des médias audiovisuels → + → des médias interactifs → en france → elle dit → un million de tablettes tactiles vendues → en france → c’est un chiffre important → on était parti sur 800.000 exemplaires → cette année les prévisions ont été revues à la hausse → il faut savoir que parmi les motifs d’achat le premier élément est l’aspect facilité d’utilisation → + → l’aspect mobilité → = → une tablette tactile n’a pas besoin d’être branchée → c’est important → par ailleurs → sa batterie est plus fiable que celle d’un téléphone intelligent → par ailleurs → c’est important → la rapidité joue → aussi → parmi les motifs d’achat → c’est important → par ailleurs → on parle de sofa computer → sur son canapé → on a accès directement à tous les contenus que l’on souhaite → c’est important → pour le moment → en terme d’acheteurs → on reste encore sur un profil d’early adopter → c’est important →un early adopter →c’est un individu qui a pour habitude d’acheter quasiment systématiquement les nouveaux produits →dans une catégorie de produits donnée → surtout des produits high tech → en particulier dans l’informatique → c’est important → les early adopters constituent souvent le premier marché d’un produit en phase de lancement → en particulier dans l’informatique → en terme d’acheteurs → il y a aussi les chefs d’entreprises → c’est important → + → les cadres → c’est important → + → les professions intellectuelles → c’est important → tout ça → mais → pas la ménagère qui souhaite s’équiper de manière plus large → en période de crise → il est vrai → les chefs d’entreprises → + → les cadres → + → les professions intellectuelles → tout ça →en période de crise → c’est important → mais pas la ménagère → il est vrai → sur son canapé → on a accès directement à tous les contenus que l’on souhaite → c’est important.
 
 
 
Le soir. En terrasse d’un bar dans le quartier de l’ancienne concession française. Vince Parker parle de sa thèse, de ses élèves, de sa femme, de ses parents, de ses amis. Il demande à Ernesto : et toi, tu veux des enfants ?
 
 
 
• 15 novembre 2011 • si l’état du monde est visible un peu sur mon visage alors je peux dire un peu je suis de ce monde → derniers visages → [8/10] → ce jour-là → est visible sur le visage d’ernesto → les visages de frédéric boisseau, franck brinsolaro, jean cabut, elsa cayat, stéphane charbonnier, philippe honoré, chérif kouachi, saïd kouachi, bernard maris, ahmed merabet, mustapha ourrad, michel renaud, bernard verlhac, georges wolinski → tandis que certains pensent → peut-être → à la réunion de rédaction qui aura lieu demain matin → mercredi → comme tous les mercredis matin.
 
 
 
Ernesto n’écoute pas Vince Parker. Ernesto pense à son cousin Ki. Ernesto pense à l’Éthique de Spinoza dont il n’a toujours pas lu une ligne. Tu attends quoi ?
 
 
 
• 15 novembre 2011 • si l’état du monde est visible un peu sur mon visage alors je peux dire un peu je suis de ce monde → derniers visages → [9/10] → le visage de patrick gaubert → président du haut conseil à l’intégration →à l’instant où est officiellement remis au ministre de l’intérieur → + → de l’outre-mer → + → des collectivités territoriales → + → de l’immigration → du gouvernement de la république française → le projet de charte des droits et des devoirs du citoyen français présentée à la signature des demandeurs de la nationalité française en application de l’article 21-24 du code civil → charte que les étrangers naturalisés devront signer à partir du 1er janvier 2012 → en préambule du projet → on peut lire → vous souhaitez devenir français c’est une décision importante et réfléchie devenir français n’est pas une simple démarche administrative acquérir la nationalité française est une décision qui vous engage et au-delà de vous engage vos descendants c’est pour vous et pour vos descendants la volonté d’adopter ce pays qui vous a accueilli et qui va devenir le vôtre adopter son histoire ses principes et ses valeurs et accepter de contribuer à le défendre et devenir un acteur solidaire de son avenir en retour la france vous reconnaît comme un citoyen de la république en acquérant la nationalité française vous bénéficierez de tous les droits et serez tenu à toutes les obligations attachées à la qualité de citoyen français à dater du jour de cette acquisition en devenant français vous ne pourrez plus vous réclamer d’une autre nationalité afin de s’assurer de votre bonne compréhension des droits et devoirs de tout citoyen français et en particulier de la loyauté que chacun doit à la république française il vous est demandé de prendre connaissance de la présente charte puis si vous y adhérez de la signer votre signature est la marque de votre engagement elle est une condition indispensable d’obtention de la nationalité française → puis → on peut lire la charte → d’abord → les principes et les valeurs et les symboles de la république française → le peuple français se reconnaît dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et dans les principes démocratiques hérités de son histoire il est attaché aux symboles républicains et les respecte l’emblème national est le drapeau tricolore bleu blanc rouge l’hymne national est la marseillaise la devise de la république est liberté égalité fraternité la fête nationale est le 14 juillet marianne est la représentation symbolique de la république la langue de la république est le français la france est une république indivisible et laïque et démocratique et sociale → la république est indivisible → c’est-à-dire → dans la république le pouvoir souverain n’appartient qu’au peuple et à ses représentants aucune section ou partie du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice → la république est laïque → c’est-à-dire → la république assure la liberté de conscience elle respecte toutes les croyances chacun est libre de croire de ne pas croire de changer de religion la république garantit le libre exercice des cultes mais n’en reconnaît n’en salarie ni n’en subventionne aucun la loi consacre la séparation des religions et de l’état →la république est démocratique → c’est-à-dire → le principe de la république est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple direct ou indirect le suffrage est toujours universel égal et secret la loi étant l’expression de la volonté générale tout citoyen doit la respecter et nul n’est censé l’ignorer la force publique est chargée d’en assurer l’application nul ne peut être contraint à faire ce que la loi n’ordonne pas rendue au nom du peuple français la justice est indépendante → la république est sociale → c’est-à-dire → la nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement →on peut lire aussi → la république garantit à tous la sécurité des biens et des personnes → on peut lire aussi → les droits et les devoirs du citoyen français être citoyen français exige de reconnaître que chaque être humain sans distinction de race de religion ni de croyance possède les droits inaliénables suivants → liberté → les hommes et les femmes naissent et demeurent libres et égaux en droit la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui le respect dû à la personne humaine interdit toute atteinte à sa dignité le corps humain est inviolable nul ne peut être inquiété pour ses opinions pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public tout citoyen peut parler écrire imprimer librement sauf à répondre de l’abus de cette liberté chacun a droit au respect de sa vie privée personne ne peut être accusé arrêté ni détenu que dans les cas et formes déterminés par la loi chacun est présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été jugé coupable chacun a la liberté de former une association ou de participer à celle de son choix il peut adhérer librement aux partis ou groupements politiques qui contribuent à l’expression du suffrage universel il peut défendre ses droits et ses intérêts par l’action syndicale tout citoyen français âgé de 18 ans accomplis est électeur chaque citoyen ayant la qualité d’électeur peut faire acte de candidature et être élu voter est un droit c’est aussi un devoir civique le droit de propriété est garanti par la loi → égalité → tous les citoyens sont égaux devant la loi sans distinction de sexe d’origine de race ou de religion la loi est la même pour tous soit qu’elle protège soit qu’elle punisse l’homme et la femme ont dans tous les domaines les mêmes droits la république favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales chacun homme et femme peut librement exercer une profession percevoir ses gains et salaires et en disposer comme il l’entend les citoyens français étant égaux ils peuvent accéder à tout emploi public selon leurs capacités les parents exercent en commun l’autorité parentale ils pourvoient à l’éducation des enfants et préparent leur avenir l’instruction est obligatoire pour les enfants des deux sexes jusqu’à 16 ans l’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’état → fraternité → tout citoyen concourt à la défense et à la cohésion de la nation une personne qui a acquis la qualité de français peut être déchue de la nationalité française si elle s’est soustraite à ses obligations de défense ou si elle s’est livrée à des actes contraires aux intérêts fondamentaux de la france sans préjudice des dispositions du code pénal chacun a le devoir de contribuer selon ses capacités financières aux dépenses de la nation par le versement d’impôts directs indirects ou de cotisations sociales la nation garantit à tous la protection de la santé la sécurité matérielle et le droit à des congés toute personne qui en raison de son âge de son état physique ou mental ou de la situation économique se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence → sachant que → dans le décret n° 2011-1265 du 11 octobre 2011 relatif au niveau de connaissance de la langue française demandé aux postulants à la nationalité française au titre des articles 21-2 et 21-24 du code civil et à ses modalités d’évaluation → on peut lire ceci → l’article 14 est remplacé par les articles 14 et 14-1 ci-après → article 14 → pour l’application de l’article 21-2 du code civil tout déclarant doit justifier d’une connaissance de la langue française caractérisée par la compréhension des points essentiels du langage nécessaire à la gestion de la vie quotidienne et aux situations de la vie courante ainsi que par la capacité à émettre un discours simple et cohérent sur des sujets familiers dans ses domaines d’intérêt son niveau est celui défini par le niveau b1 rubriques « écouter » et « prendre part à une conversation » et « s’exprimer oralement en continu » du cadre européen commun de référence pour les langues tel qu’adopté par le comité des ministres du conseil de l’europe dans sa recommandation cm-rec-2008-7 du 2 juillet 2008 → un arrêté ministériel précise pour les déclarants qui ne produisent pas de diplôme justifiant d’un niveau égal ou supérieur au niveau demandé → les attestations devant être produites permettant de justifier de la possession de ce niveau de langue et délivrées par des organismes reconnus par l’état comme aptes à assurer une formation « français langue d’intégration » → cet arrêté définit les conditions dans lesquelles des prestataires agréés par ces organismes peuvent délivrer de telles attestations → article 14-1 → pour souscrire la déclaration prévue à l’article 21-2 du code civil le déclarant doit fournir les pièces suivantes → 1° → une copie intégrale de son acte de naissance → 2° →une copie intégrale de son acte de mariage ou de sa transcription sur les registres consulaires français quand le mariage a été célébré à l’étranger → 3° → une attestation sur l’honneur des deux époux signée devant l’autorité qui reçoit la déclaration certifiant qu’à la date de cette déclaration la communauté de vie tant affective que matérielle n’a pas cessé entre eux depuis le mariage et accompagnée de tous documents corroborant cette affirmation dont notamment la copie intégrale de l’acte de naissance des enfants nés avant ou après le mariage et établissant la filiation à l’égard des deux conjoints → 4° → un certificat de nationalité française les actes de l’état civil ou tous autres documents émanant des autorités françaises de nature à établir que son conjoint avait la nationalité française au jour du mariage et l’a conservée → 5° → un extrait de casier judiciaire ou un document équivalent délivré par une autorité judiciaire ou administrative compétente du ou des pays où il a résidé au cours des dix dernières années ou du pays dont il a la nationalité lorsqu’il est dans l’impossibilité de produire ces documents → 6° → le cas échéant tout document justifiant de sa résidence régulière et ininterrompue en france pendant au moins trois ans à compter du mariage ou un certificat d’inscription du conjoint français au registre des français établis hors de france pendant la durée de leur communauté de vie à l’étranger → 7° →le cas échéant la copie intégrale des actes de naissance de ses enfants mineurs étrangers qui résident avec lui de manière habituelle ou alternativement dans le cas de séparation ou de divorce ainsi que les pièces de nature à établir cette résidence → 8° →le cas échéant en cas d’unions antérieures les copies intégrales des actes de mariage et tous documents justifiant leur dissolution → 9° → un diplôme ou une attestation justifiant d’un niveau égal ou supérieur au niveau de langue exigé en application de l’article 14 ou à défaut une des attestations délivrée depuis moins de deux ans figurant dans la liste fixée par l’arrêté mentionné au second alinéa du même article → sont toutefois dispensées de la production de ce diplôme ou de cette attestation les personnes mentionnées au deuxième alinéa de l’article 15 → sachant que → dans le décret n° 2011-1265 du 11 octobre 2011 relatif au niveau de connaissance de la langue française demandé aux postulants à la nationalité française au titre des articles 21-2 et 21-24 du code civil et à ses modalités d’évaluation → on peut lire ceci → l’article 37 est remplacé par les articles 37 et 37-1 ci-après → article 37 → pour l’application de l’article 21-24 du code civil tout demandeur doit justifier d’une connaissance de la langue française caractérisée par la compréhension des points essentiels du langage nécessaire à la gestion de la vie quotidienne et aux situations de la vie courante ainsi que par la capacité à émettre un discours simple et cohérent sur des sujets familiers dans ses domaines d’intérêt son niveau est celui défini par le niveau b1 rubriques « écouter » et « prendre part à une conversation » et « s’exprimer oralement en continu  » du cadre européen commun de référence pour les langues tel qu’adopté par le comité des ministres du conseil de l’europe dans sa recommandation cm-rec-2008-7 du 2 juillet 2008 →un arrêté ministériel précise pour les demandeurs qui ne produisent pas de diplôme justifiant d’un niveau égal ou supérieur au niveau demandé → les attestations devant être produites permettant de justifier de la possession de ce niveau de langue et délivrées par des organismes reconnus par l’état comme aptes à assurer une formation « français langue d’intégration » → cet arrêté définit les conditions dans lesquelles des prestataires agréés par ces organismes peuvent délivrer de telles attestations → article 37-1 →la demande est accompagnée des pièces suivantes → 1° → une copie intégrale de l’acte de naissance → 2° → la justification par tous moyens de la résidence habituelle en france du demandeur pendant les cinq années qui précèdent le dépôt de la demande sous réserve des réductions ou dispenses de stage prévues aux articles 21-18 à 21-20 du code civil et lorsque la demande est présentée au nom d’un mineur la justification de la résidence habituelle de ce dernier pendant les cinq années qui précèdent le dépôt de la demande avec le parent qui a acquis la nationalité française → 3° → tous documents justifiant qu’il a sa résidence en france à la date de la demande → 4° → s’il entend bénéficier de l’assimilation de résidence prévue à l’article 21-26 du code civil toutes justifications permettant de constater qu’il remplit les conditions posées à cet article → 5° → le cas échéant la copie intégrale des actes de naissance de ses enfants mineurs étrangers qui résident avec lui de manière habituelle ou alternativement dans le cas de séparation ou de divorce ainsi que les pièces de nature à établir cette résidence → 6° → le cas échéant la copie intégrale du ou des actes de mariage ainsi que les pièces de nature à justifier la dissolution des unions antérieures → 7° → un extrait de casier judiciaire ou un document équivalent délivré par une autorité judiciaire ou administrative compétente du ou des pays où il a résidé au cours des dix dernières années ou du pays dont il a la nationalité lorsqu’il est dans l’impossibilité de produire ces documents → 8° →le cas échéant tout document justifiant de la nationalité française du ou des enfants mineurs qui résident avec lui de manière habituelle ou alternativement dans le cas de séparation ou de divorce → 9° → un diplôme ou une attestation justifiant d’un niveau égal ou supérieur au niveau de langue exigé en application de l’article 37 ou à défaut une des attestations délivrée depuis moins de deux ans figurant dans la liste fixée par l’arrêté mentionné au second alinéa du même article → sont toutefois dispensées de la production de ce diplôme ou de cette attestation les personnes mentionnées au troisième alinéa de l’article 41 → sachant que → tous les documents rédigés en langue étrangère doivent être accompagnés de leur,traduction par un traducteur agréé ou habilité à intervenir auprès des autorités judiciaires ou administratives d’un autre état membre de l’union européenne ou d’un état partie à l’accord sur l’espace économique européen ou de la suisse produite en original → dès la production des pièces prévues ci-dessus l’autorité auprès de laquelle la demande a été déposée délivre le récépissé prévu à l’article 21-25-1 du code civil constatant cette production → le demandeur doit signaler à l’autorité qui a reçu sa demande tout changement de résidence et toute modification intervenue dans sa situation familiale en transmettant auprès de cette autorité le document prévu à cet effet joint au formulaire de demande d’acquisition de la nationalité française il sera délivré récépissé du dépôt de ce document → on peut lire aussi → à l’article 41 → 1° → au deuxième alinéa les mots « et sous réserve des dispositions de l’article 21-24-1 du code civil sa connaissance de la langue française » sont supprimés → 2° → la dernière phrase du deuxième alinéa est supprimée → 3° → après le deuxième alinéa il est ajouté un alinéa ainsi rédigé →l’entretien individuel prévu au deuxième alinéa permet de constater que les personnes qui en raison de leur âge d’un état de santé déficient chronique ou d’un handicap ne sont pas en mesure d’accomplir les démarches nécessaires à la production du diplôme ou de l’attestation mentionné au 9° de l’article 37-1 maîtrisent un niveau de langue correspondant au niveau exigé en vertu de l’article 37 → sachant que → selon l’article 41 → le postulant se présente en personne devant un agent désigné nominativement par le préfet ou l’autorité consulaire après un entretien individuel cet agent établit un compte rendu constatant le degré d’assimilation du postulant à la communauté française ainsi que son niveau de connaissance des droits et devoirs conférés par la nationalité française et sous réserve des dispositions de l’article 21-24-1 du code civil sa connaissance de la langue française → un arrêté du ministre chargé des naturalisations définit les modalités de déroulement de l’entretien et les conditions d’établissement du compte rendu auquel il donne lieu ainsi que les critères d’appréciation qui fondent des conclusions motivées.
 
 
 
 
 
 
 

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couverture_Spinoza in China_pour impression
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
15.11.2011
http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2011/11/15/la-societe-generale-va-supprimer-des-centaines-d-emplois-en-france_1604041_1581613.html
http://www.liberation.fr/economie/2011/11/15/suppressions-de-poste-chez-psa-peugeot-citroen-rassemblement-a-paris_774785
http://www.20minutes.fr/societe/823904-20111115-beneficiaires-rsa-vont-devoir-travailler-7-heures-semaine
http://www.20minutes.fr/economie/823328-20111115-sursis-aide-plus-demunis
http://www.20minutes.fr/high-tech/823784-20111115-trois-fois-plus-foyers-2010-prevoient-acheter-tablette-tactile
http://www.20minutes.fr/planete/823616-20111115-pekin-dessale-eau-mer-approvisionner-20-millions-habitants
http://www.china.org.cn/environment/2011-10/21/content_23685248.htm
http://www.aqualyng.com
http://www.lepoint.fr/monde/israel-batit-a-jerusalem-est-palestiniens-ne-croient-plus-aux-negociations-15-11-2011-1396580_24.php
http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/droitsetdevoirs.pdf
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=338690553E0D0B3F17DB83455BC1BF46.tpdjo16v_3?cidTexte=JORFTEXT000024659084&categorieLien=id
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=7EEC584F28025402FCE6322073B5EB30.tpdjo16v_3?idArticle=LEGIARTI000022414600&cidTexte=JORFTEXT000000699753&categorieLien=id&dateTexte=20111231

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