Spinoza in China | 12 novembre 2011 | 27 décembre 2014

 
 
 
cet après-midi, piscine
 
 
       
• 12 novembre 2011 • ce jour-là, est visible sur le visage d’ernesto, le visage de son cousin ki, en train de faire quelques longueurs aller et quelques longueurs retour dans l’un des couloirs du grand bassin de la piscine municipale hébert, sise 2 rue des fillettes, dans le 18ème arrondissement, à paris, et se demandant si le nom donné à la piscine fut décidé dans un souci de rendre hommage à jacques-rené hébert, né à alençon, le 15 novembre 1757, et guillotiné à paris le 24 mars 1794, après avoir été rédacteur du journal le père duchesne, dont il fit paraître trois cent quatre-vingt-cinq numéros de septembre 1790 jusqu’au 13 mars 1794, onze jours avant sa mort – chacun des numéros commençant invariablement par ces simples mots : je suis le véritable père duchesne, foutre ! ou bien si le nom donné à la piscine fut décidé dans un souci de rendre hommage à alexandre hébert, né le 4 mars 1921, à alvimare, et mort le 16 janvier 2010, à rezé, après avoir été militant syndicaliste et secrétaire de l’union départementale de la confédération générale du travail – force ouvrière de loire-atlantique, depuis la création de la confédération en 1948, jusqu’en 1992, et, ce 12 novembre 2011, est visible sur le visage d’ernesto le visage de son cousin ki, qui, lors d’un aller ou lors d’un retour dans l’un des couloirs du grand bassin de la piscine hébert, et par quelle association d’idées, on pourrait lui poser un jour la question, pense à cette carte postale gratuite de roberto martinez titrée principe de réalité n°23 : … cet après-midi, piscine, éditée en octobre 2005 par zédélé éditions, http://www.editions-zedele.net, à brest, quarante-septième publication de la revue rien, issn 1299-8168, la phrase cet après-midi, piscine étant extraite du journal de franz kafka à la date du 2 août 1914 : l’allemagne a déclaré la guerre à la russie – cet après-midi, piscine.
 
 
• 27 décembre 2014 • faisant une recherche rapide sur internet à propos de jacques-rené hébert et du père duchesne dont je connaissais les existences par le livre la grande ronde du père duchesne, rue saint-antoine de jean-françois vilar
 
 
 
j’apprends sa mort
 
 
 
j’apprends la mort de jean-françois vilar
 
 
 
jean-françois vilar est mort le 16 novembre 2014 il y a un peu plus d’un mois c’est avec le premier roman de jean-françois vilar que je découvre le travail de marcel duchamp
 
 
 
c’est avec ses livres que pour la première fois peut-être je rencontre la possibilité d’une justesse et d’une adéquation entre un engagement politique qui fut pour lui engagement trotskyste et une production artistique qui fut pour lui littéraire
 
 
 
jean-françois vilar fait paraître une dizaine de livres entre 1982 et 1997 puis il cesse de publier
 
 
 
en mai 2011 devant l’opéra bastille à paris quelques centaines de personnes occupent la place pendant quelques jours
 
 
 
une après-midi il y a du soleil et un homme dont le visage me fait penser à lui
 
 
 
lui dont je ne connais du visage que quelques photos anciennes
 
 
 
est-ce que cet homme est jean-françois vilar ?
 
 
 
il est là
 
 
 
à ma connaissance entre 1997 et le jour de sa mort le 16 novembre 2014 jean-françois vilar n’a fait paraître qu’un seul article dans mediapart à la suite de la publication du livre de richard millet langue fantôme suivi de éloge littéraire d’anders breivik
 
 
 
les derniers mots de l’article sont l’alternative reste donc d’une élémentaire simplicité : là où nous sommes, là où une quelconque forme de fascisme sévit : c’est eux ou nous !
 
 
 
souvent pensant à jean-françois vilar je me disais que la seule nouvelle qui me parviendrait un jour le concernant serait l’annonce de sa mort
 
 
 
j’écrivais son nom parfois dans la case ad hoc d’un moteur de recherche aucune nouvelle
 
 
 
bonne nouvelle
 
 
 
il vivait encore
 
 
 
je ne pensais pas à sa mort aujourd’hui en écrivant jean-françois vilar + père duchesnes dans la case du moteur de recherche
 
 
 
je n’y pensais pas et là voilà en haut de la page le premier résultat est un article de mediapart datant du 22 décembre 2014
 
 
 
l’émotion joyeuse à lire son nom associé à quelques nouvelles récentes est vite assombrie jean-françois vilar est décédé le 16 novembre à paris à l’âge de soixante-sept ans
 
 
 
d’ailleurs, c’est toujours les autres qui meurent est une phrase de marcel duchamp que l’on peut lire sur sa tombe à rouen et que l’on peut lire aussi en exergue du premier roman de jean-françois vilar auquel elle donne le titre en 1982
 
 
 
nous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués est le titre de son dernier roman publié en 1993 ce titre est inspiré d’une phrase extraite d’une lettre écrite par natalia sedova compagne de léon trotsky à victor serge lors de leur exil au mexique
 
 
 
nous cheminons dans le petit jardin tropical de coyoacán entouré de fantômes aux fronts troués
 
 
 
c’est la première fois que je ressens la nécessité d’écrire à la mémoire de
 
 
 
à la mémoire de jean-françois vilar qu’elle nous soit vive
 
 
 
Quant aux activités relatives à la vie d’Ernesto ce 12 novembre 2011, aucune information.
 
 
 
 
 
 
 
 

… jour suivant →

 
 
 
 
 
 
 
couverture_Spinoza in China_pour impression
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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