Spinoza in China | 0 novembre 2011

 
 
 
Et. Parmi les multiples commencements de Spinoza in China, disons que pour nous ça commence aujourd’hui, 0 novembre 2011. Il est quatre heures du matin. Le réveil sonne, Ernesto se lève. Les sacs sont faits, les sacs sont prêts. Tout est ok. Maintenant tout est ok = maintenant tout est prêt, le voyage peut commencer. Il est quatre heures du matin. Ernesto se lève. S’habille. Boit un café. Marche dans la ville Nantes. Ernesto marche dans la nuit. Ernesto arrive en avance à la gare. Il est 6h10. Ernesto est dans le train. Il est 8h15. Le train entre en gare de Montparnasse. Aucune information reçue quant aux activités relatives à la vie d’Ernesto entre 8h15 et midi.
 
 
 
• 0 novembre 2011 • ce jour-là → est visible sur le visage d’ernesto → le visage d’anders fogh rasmussen → secrétaire général de l’organisation du traité de l’atlantique nord → il se félicite du succès historique de l’opération protection unifiée → + → il appelle le nouveau régime libyen à instaurer une libye démocratique → + → il déclare → nous avons entièrement rempli le mandat historique des nations unies → = → protéger le peuple de libye → + → faire appliquer une interdiction de vol → + → faire appliquer un embargo sur les armes → = → l’opération protection unifiée est l’une des plus réussies dans l’histoire de l’organisation du traité de l’atlantique nord → = → la victoire a été remportée par le peuple libyen → = → le peuple libyen peut maintenant prendre son futur en mains → + → en toute sécurité → + → l’organisation du traité de l’atlantique nord reste prête à aider → si nécessaire → = → le nouveau rôle de l’alliance pourrait consister à aider les libyens à réformer les institutions de sécurité → + → de défense → dont toutes les démocraties ont besoin pour rester libres → + → en sécurité.
 
 
 
Il est maintenant midi pétante. Ernesto retrouve Stella au Salon de Thé Wen Zhou, rue de Belleville. Tous les deux commandent des brioches vapeur fourrées à la viande. Ernesto mange trop vite. Stella mâche lentement. Entre chaque bouchée, ils énoncent, tour à tour, chacun leur tour, parfois d’une seule voix comme s’ils n’en avaient qu’une, ils énoncent leur impeccable accord quant à l’impossibilité de vivre plus longtemps ce qu’ils auraient tant aimé nommer : notre amour commun.
 
 
 
Ok. Ok, tu ne seras ni ma femme, ni mon homme. Ok, je ne serai ni ta femme, ni ton homme. Ou bien. Aucun rapport d’exclusivité ou de possession ne sera désormais produit par nous. Car. Il semble bien que ce jour nous n’envisagions de vivre toi et moi aucune autre production d’amour que celle d’exclusivité, ou, et, de possession. Or. Ce jour. Il semble bien que nous soyons incapables de, ou, que nous ne voulions en aucun cas vivre un tel rapport d’exclusivité, ou, et, un tel rapport de possession. Et. Je déclare. Quant à moi je déclare que notre amour sera et sera vécu, du moins, quant à moi, je le vivrai à partir de maintenant par la non-production de ces rapports d’exclusivité, ou, et, de possession. Et. Par la production d’aucun autre rapport. Car. Il n’est pas sot de vivre ce que nous sommes capables de vivre au moment où nous sommes capables de le vivre. Et. Rien d’autre. Et. Comprendre que pour l’heure nous résistons grave à modifier ce qu’il serait nécessaire de modifier. Pour. Nous risquer à quelque heureuse relation avec le dehors. Traduction : à ce jour, toi et moi, nous sommes à l’évidence incompatibles car nous ne sommes, à l’évidence, à l’évidence², à ce jour, nous ne sommes pas constitués, par exemple, pour devenir autre – très drôle. C’est-à-dire. Toute extériorité abrite un maximum de dragons menaçants. Aussi. La seule manière à notre disposition, ce jour, pour nous aimer, est de ne plus rien produire ensemble toi et moi. En conséquence de quoi. Et. En cette étrange déclaration. J’espère que tu voudras bien croire à toute l’étendue de tout mon amour.
 
 
 
Ils sont d’accord. Ça y est. Ils sont séparés.
 
 
 
• 0 novembre 2011 • ce jour-là → est visible sur le visage d’ernesto → le visage de jens-harm steger-wischmann → paysan céréalier → + → producteur de porcs → dans le nord de l’allemagne → il produit → avec ses énormes cuves remplies d’un magma de maïs broyé et de lisier de porc → il produit suffisamment de méthane pour faire fonctionner cinq turbines électriques d’une capacité de 1,1 mégawatt → le tout → doublé d’un dispositif de cogénération qui permet de récupérer la chaleur dégagée → il multiplie par trois son chiffre d’affaires et ne craint plus l’évolution des prix du blé → je cultive environ 450 hectares → j’ai toujours vécu correctement malgré les fortes variations des prix des céréales mais je n’avais pas de perspective réelle de développement → avec le biogaz → aujourd’hui → je passe dans une autre dimension.
 
 
 
Quelques minutes plus tôt,
 
 
 
11:35:47 | Beyrouth | Angela sent you a message.
 
 
 
Cher Ernesto. Je t’écris ce message rapide d’un café à Beyrouth où je relève mes e-mails en express. Je t’écris ce message rapide et au plus vite. Because : je veux que tu saches. On ne se connaît pas, n’est-ce pas ? On ne se connaît pas et déjà j’ai super envie de te revoir. Ou. Et. Super envie de te répondre. Oui. Déjà super envie de te répondre alors que tu ne m’as pas encore envoyé l’e-mail que tu vas m’envoyer dans quelque chose comme environ deux cent trente-deux jours. Ne t’affole pas. Mes pouvoirs de divination sont à l’égal de ce que nous ne savons pas encore que nous allons vivre. C’est impeccable. C’est super. C’est déjà super émouvant. Et. Mais. Dès à présent. Sache que je suis là et sache qu’il est à mes yeux tout à fait épatant que tu ne m’écrives que dans deux cent trente-deux jours. Because. Aujourd’hui. Je tiens à te le dire. Je ne suis pas plus prête aujourd’hui que tu n’es prêt à me, à te, laisser transformer par un amour love love love love love love love love love love love love mega love. Aussi. On peut dire que dès aujourd’hui nous sommes toi & moi de sacrés petits chanceux. Cela dit. Je rentre à Paris le 35 novembre. Et. Si ça colle avec tes dispos, peut-être on pourrait se voir. Se voir, et voir si ça nous fait des trucs dans l’estomac, et aussi dans les zones sexuelles secondaires et primaires. En tout bien tout honneur bien entendu. Because. Le 35 novembre je ne serai toujours pas prête et toi pas prêt davantage et. Mais. Oui ? Et. Reçois dès à présent mes baisers, super ensoleillés. Angela.
 
 
 
• 0 novembre 2011 • ce jour-là → est visible sur le visage d’ernesto → le visage de wang fujin → fonctionnaire du tribunal local d’ordos en mongolie intérieure → il devient promoteur → il amasse en quelques mois l’équivalent de 30 millions d’euros auprès de deux mille petits épargnants → il doit rembourser chaque mois l’équivalent de 900.000 euros en intérêts → il est retrouvé → mort → pendu.
 
 
 
Il est 14h18. Ernesto et Robin des bois – un des brothers d’Ernesto – sont en train de rédiger un sms d’amour à leur gentil papa chéri. En terrasse du bar les Folies. Rue de Belleville, toujours. À Paris.
 
 
 
CHER PAPA. VOILÀ TOUT NOTRE AMOUR EN UN BLOC DE LA PREMIÈRE À LA DERNIÈRE LIGNE TOUT EST POUR TOI DE L’AMOUR EN BLOC. ON TE LAISSE LIRE. APRÈS ON AIMERAIT BIEN QUE TU NOUS RÉPONDES. C’EST-À-DIRE. ON VOUDRAIT BIEN SAVOIR COMMENT TOI TU VIS ET VOIS LES CHOSES DE TON CÔTÉ PARCE QUE NOUS DE NOTRE CÔTÉ ON PENSE ÇA. ON PENSE QUE TU VIS DANS UN RAPPORT D’AUTORITÉS PAR LEQUEL TU ÉCRIS TOI-MÊME LE RAPPORT DES AUTORITÉS POUR LESQUELLES TU JUSTIFIES UN RAPPORT À L’AUTORITÉ PAR LAQUELLE TU ÉCOUTES LE RAPPORT D’UNE AUTORITÉ POUR LAQUELLE TU ÉNONCES UN RAPPORT À L’AUTORITÉ PAR LEQUEL TU AFFIRMES UN RAPPORT DES AUTORITÉS PAR LESQUELLES TU ACCEPTES LE RAPPORT DES AUTORITÉS PAR LEQUEL TU MANIPULES UN RAPPORT DE L’AUTORITÉ DANS LAQUELLE TU SOUTIENS UN APPORT DES AUTORITÉS PAR LESQUELLES TU RÉPÈTES UN RAPPORT D’UNE AUTORITÉ PAR LAQUELLE TU TRANSMETS UN RAPPORT DE L’AUTORITÉ PAR LEQUEL TU DEMANDES UN APPORT DES AUTORITÉS POUR LESQUELLES TU PRODUIS. LA DETTE. CAR OUI CHER PAPA NOUS PENSONS QUE TU PRODUIS. QUE TU PRODUIS ET QUE TU ENTRETIENS. LA DETTE. EN ACCORD AVEC UN RAPPORT D’AUTORITÉ À L’INTÉRIEUR DUQUEL – PAR-DESSUS LE MARCHÉ – TU RÉCLAMES JUSTICE. EN ACCORD AVEC UN RAPPORT D’AUTORITÉ PAR LEQUEL TU TE TIENS AU PLUS JUSTE DIS-TU NOUS VOUDRIONS BIEN SAVOIR AU PLUS JUSTE DE QUOI. EN ACCORD AVEC UN RAPPORT DES AUTORITÉS QUI DÉFENDENT PENSES-TU CE QUE TU APPELLES TES PROPRIÉTÉS. EN ACCORD AVEC LE RAPPORT DES AUTORITÉS QUI DANS LES FAITS TE DÉPOSSÈDE. EN ACCORD AVEC UN RAPPORT DES AUTORITÉS SANS PLUS AUCUN LIEN AVEC CE QUI VIENT DE TOI. NOUS. ON N’EST PAS DES GRANDS PROPRIÉTAIRES. NOUS. ON EST TES PETITS. NOUS. ON PENSE QU’IL Y A LA PUISSANCE EN ACTE. PARFOIS. ET ÇA. ÇA NOUS FOUT UNE BANANE D’ENFER. NOUS. ON NE TRAVAILLE PAS. NOUS. ON EST TES ENFANTS. ET TOI. TU ES QUI PAPA ?
 
 
 
Réponse instantanée du papa. Salut les petits gars. Merci pour votre message. Et. S’il est vrai que je ne vous ai pas toujours beaucoup parlé, depuis que vous êtes nés, je vais aujourd’hui profiter de votre gentil sms pour vous répondre, et pour vous dire, donc, un peu, qui je suis. C’est normal que ça vous intéresse. Pour commencer, je souhaiterais d’abord répondre à la problématique relative à la question de la propriété, et vous dire une chose très simple, la suivante : je suis propriétaire, avec votre maman, de la maison de Chantelle, rue des Picaudelles, et, quand nous serons morts, tous les deux, elle et moi, ce sera votre maison à vous tous, brothers et sisters, nos enfants. C’est comme ça. Ensuite ? Ensuite je peux vous dire que je suis majoritairement un homme, les jours pairs. Et minoritairement une femme, les jours impairs. Je peux vous dire que je suis un travailleur attelé à toute sorte de production émancipatrice. Vous tenez ça de moi – je vous souhaite bon courage. Je peux vous raconter ce qui m’est arrivé hier. J’étais assis à la table numéro 4 dans le réfectoire B de l’usine Michelin de Cataroux, et je participais à l’atelier que j’avais initié le mois dernier et que j’avais finement intitulé : Comment la valeur travail d’émancipation s’entrave en milieu marchand ? Je portais mon tee-shirt Bisounours, made in Singapour, avec dessus, écrit au marqueur orange fluo, la phrase suivante : L’émancipation est un travail individuel ET collectif ET généreux qui se produit par un dialogue ouvert ET bienveillant. Et. Peut-être j’en faisais trop, je ne sais pas. En tout cas, ce que je sais, c’est qu’un gugusse, à la table numéro 5, s’est levé, a foncé droit sur moi, et en guise de commencement de bienveillance et d’ouverture m’a foutu une mandale, puis il est retourné tranquillement s’asseoir à sa place. J’ai perdu une dent, j’ai commencé à saigner de l’intérieur de la bouche. Et quand j’ai voulu dire que ce qui m’intéressait très concrètement dans cet atelier, c’était de réfléchir à comment nous faisons pour parvenir à produire de nouvelles manières de tisser ensemble dialogues et débats, et cela, autant avec les amis qu’avec les ennemis, autant avec les alliés qu’avec les adversaires, je ne sais pas si c’est à cause de ma dent en moins, ou à cause du sang que j’avais dans la bouche, mais j’ai eu l’impression de ne pas être très clair, et, par conséquent, pas très bien entendu. Par contre, ce qui est très clair, c’est que la deuxième mandale du gugusse de la table numéro 5, qui entre temps s’était relevé et à nouveau avait foncé sur moi, m’a décidé à sérieusement remettre en cause à son égard les principes de bienveillance, d’ouverture, et de générosité. J’avais mal. Je suis rentré me soigner. Ça, c’était hier. Vous voulez savoir qui je suis ? Je suis, les jours impairs, quand la température extérieure est comprise entre 17 et 23 °C, je suis une femme qui vous regarde, qui parle peu, qui vous observe, et qui impressionne un maximum quand elle prend la parole. Je suis, alors, une femme, et quand je prends la parole, je fais ressentir, je crois, à certaine ou à certain, ce que certain ou certaine appelle encore une parole sacrée. Quand je parle, alors, ma parole est comme sacrée, mais le trouble, pour celles et ceux qui m’écoutent, et qui ressentent ce sacré, le trouble est pour eux d’autant plus grand que je ne parle rarement d’autres choses, les jours impairs, lorsque la température extérieure est comprise entre 17 et 23 °C, je ne parle rarement d’autres choses que de pneumatique et d’industrie. Qui je suis ? Les jours pairs, en avril et en juillet, je suis un homme qui prend le temps nécessaire pour comprendre ce qu’il convient de faire, de dire, de faire ou de dire. Aussi, il arrive que je dise ou fasse peu. Rarement rien. Je suis libre. Oui. Certains jours. Qui je suis ? Je suis un gars. Une fille. Et j’ai peur. Tous les jours. En même temps, je crois à la connaissance par la peur. Vous voyez ? Je vais vous dire quelque chose. Je crois que la connaissance par la peur est une bonne chose pour la vie. Je veux dire que la connaissance par la peur est une bonne chose à l’instar de n’importe quelle connaissance qui a pour conséquence une compréhension agissante. Je suis un branleur. Oui. Et puis ? Et puis je me demande comment il est possible de défaire durablement ce truc par lequel je suis une menace pour vous. Je me demande comment il est possible de défaire durablement ce truc par lequel je me fabrique, par ailleurs, un corps de proie. Qui je suis ? Je suis votre maman dans le corps de votre papa, et, ce matin, je me suis auto-produit ce corps qui va. Et je vais vous dire un truc. En fait, c’est peut-être la seule chose que je voulais vous dire. Je crois qu’il y a trois types d’amour. Je sais pas d’où je sors ça mais je sens que c’est vrai. Je sens qu’il y a un amour enfant. Je sens qu’il y a un amour animal. Et je sens qu’il y a un amour que l’on pourrait dire adulte. Je pense qu’il est impossible de faire l’économie de vivre ces trois amours-là. Si nous voulons nous connaître vraiment. Et nous aimer, vraiment. Si nous voulons connaître ce que recouvre véritablement le nécessaire et le vivant de ce que l’on appelle amour, il est impossible de faire l’économie de vivre ces trois amours-là. Ne nous reste plus qu’à comprendre ce que recouvrent réellement ces trois types d’amour. Voilà. Je vous espère en bonne forme. Venez nous voir quand vous voulez. Papa. Maman.
 
 
 
Il est 15h17.
 
 
 
• 0 novembre 2011 • ce jour-là → est visible sur le visage d’ernesto → le visage d’arlette farge → historienne française frappée par une espèce d’inquiétude → elle ne sait plus → qui est homme → qui est femme → elle regarde ce personnage androgyne → peint en 1791 → pendant le moment révolutionnaire → dans l’aboutissement du siècle des lumières → + → dans l’inquiétude suscitée sur la virilité par la remise en cause du pouvoir absolu → elle voit → un homme avec des cheveux longs → + → elle voit → une langueur féminine → + → elle voit → une extase féminine.
 
 
 
Aucune information reçue quant aux activités relatives à la vie d’Ernesto entre 15h17 et minuit. À l’exception d’une voix, qui lui trotte dans la tête. C’est la voix d’une jeune femme. Elle dit : parce que le charme de mon regard, Ernesto. Parce que le charme de mon sourire. Parce que tout ce bastringue qui ouvre mon visage, le charme de mon visage, ouvert, le charme de ma voix, tandis qu’elle accompagne tous ces machins qui s’ouvrent. Oui, c’était moi toute entière ouverte qui venait vers toi ce mardi de juillet. Tu sais ? Oui, tu sais. Je n’étais pas disponible du tout quand je suis venue te voir, et tu le savais, et pourtant je suis venue te voir et je me suis rendue disponible. En une après-midi je me suis rendue disponible. En une après-midi, j’étais prête à ouvrir un tout petit peu plus que mon visage. C’est-à-dire que pour toi j’étais prête à faire un truc maximum. Et, au moment où j’ai été prête et où je me suis ouverte en quelque sorte toute à toi, oui, tu l’as très bien senti et moi, moi, j’ai très bien senti comment tu reculais à vitesse grand v. Alors, oui, j’ai compris que j’allais prendre le train retour comme prévu avant l’aller.
 
 
 
• 0 novembre 2011 • ce jour-là → est visible sur le visage d’ernesto → le visage d’irina bokova → directrice générale de l’organisation des nations unies pour l’éducation → + →la science → + → la culture → elle estime → suite à la décision des états-unis d’amérique du nord de suspendre leurs versements à l’organisation des nations unies pour l’éducation → + → la science → + → la culture → suite à la décision des états-unis d’amérique du nord de suspendre leurs versements après l’adhésion de l’autorité palestinienne → = → décision des états-unis d’amérique du nord de suspendre leur participation financière qui représente 22% du budget de l’organisation des nations unies pour l’éducation → + → la science → + → la culture → soit près de 70 millions de dollars en 2011 → elle estime qu’il faudra couper des programmes → + →réajuster l’équilibre du budget → = → ce n’est pas seulement un problème financier → c’est un problème qui concerne l’universalité de notre organisation.
 
 
 
Il est minuit. On retrouve Ernesto, avec son cousin Ki, dans le salon d’un appartement du 18 ème arrondissement. Paris.
 
 
 
– Et dans ton sac, tu as quoi comme bouquins ? Tu as pris un bon gros livre ? Un bon gros livre, pour ton bon gros voyage ?
 
 
 
Ernesto dit non.
 
 
 
– Tu en es veux un ?
 
 
 
Ernesto dit non merci.
 
 
 
– Tu veux pas un bon gros livre ? Un bon gros machin ? C’est un gros voyage, Ernesto, que tu vas faire.
 
 
 
Ernesto dit non merci. C’est bon comme ça. Mon sac est plein. Mon sac est plein de petits bouquins. J’ai ce qu’il faut.
 
 
 
– Tu prendrais pas ça avec toi ? Ce bon gros-là ?
 
 
 
Ki tend à Ernesto une traduction de l’Éthique de Spinoza.
 
 
 
– Tu l’as lu ?
 
 
 
Ernesto répond pas.
 
 
 
– Toujours pas ?
 
 
 
Ernesto répond pas.
 
 
 
– Tu veux ?
 
 
 
Ernesto dit non merci cousin, j’ai ce qu’il faut dans mon sac.
 
 
 
– Tu veux pas ?
 
 
 
Ernesto dit non merci, j’ai assez comme ça.
 
 
 
– T’es sûr ?
 
 
 
– Oui.
 
 
 
Ernesto se couche.
 
 
 
Ernesto s’endort avec son refus.
 
 
 
Ernesto dort pas super bien.
 
 
 

… jour suivant →


 
 
 
 
 
 
 
couverture_Spinoza in China_pour impression
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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